Arts et civilisations

  • L'Alhambra, ensemble palatial fondé aux XIIIe et XIVe siècles par les souverains arabes de Grenade, est resté dans l'ombre pendant plusieurs siècles après la fin de la Reconquista. Les Espagnols furent les premiers à « redécouvrir » l'Alhambra au XVIIIe siècle, alors que ses visiteurs étrangers en firent l'une des premières destinations touristiques du XIXe siècle. Beaucoup ont laissé de précieuses traces de leur passage : des écrits, des photographies et, surtout, des commentaires dans le livre des visiteurs de l'Alhambra, tenu depuis 1829. L'historien Edhem Eldem a analysé ce document fascinant pour proposer une vision tout à fait nouvelle de l'Alhambra et de ce qu'il représentait. De Chateaubriand à Owen Jones et de Washington Irving à Jean-Léon Gérôme, les Occidentaux ont bâti une image de l'Andalousie toute empreinte de romantisme et d'orientalisme. Mais l'engouement occidental ne doit pas faire oublier les visiteurs « orientaux » du monument : des Maghrébins, nombreux mais peu loquaces ; des diplomates et voyageurs ottomans, parfois plus orientalistes que les Européens ; des Arabes du Machrek, de plus en plus influencés par le nationalisme arabe prôné par la Naha, la « renaissance arabe ». Autant de regards croisés que le registre des visiteurs, la presse de l'époque, les mémoires et les récits de voyage ont permis à l'auteur de reconstituer pour en tirer une histoire culturelle des rapports entre Orient et Occident, Nord et Sud, islam et chrétienté, centre et périphérie.

  • Il existe une région du monde où les femmes ont toujours joué un rôle majeur : l'Amazonie. Ce sont elles en effet qui ont fait resurgir le glorieux passé de ce territoire vaste de sept millions de kilomètres carrés, révélant les connaissances en ingénierie et le savoir scientifique exceptionnel des tribus de la forêt.  L'auteur, archéologue lui-même et grand spécialiste de l'Amazonie, offre une galerie de portraits de ces pionnières. Nourri de leurs toutes dernières recherches, l'ouvrage aborde une diversité de thèmes, de l'art rupestre à l'architecture amérindienne, en passant par les géoglyphes d'Amazonie occidentale, le traitement des défunts et la pêche précolombienne.  Grâce à la plume alerte de Stéphen Rostain (auteur d'Amazonie. Les 12 travaux des civilisations précolombiennes, 2017), Amazonie, l'archéologie au féminin  met en valeur de nombreuses facettes méconnues de l'Amazonie et de celles qui les ont révélées.  

  • Comment comprendre la nature de l'érotisme des anciens Chinois – si différent de celui des sociétés occidentales – sans se pencher sur l'art exceptionnel qu'il a inspiré ? Celui-ci s'est surtout développé, à partir du VIIe siècle, à l'époque de l'émergence des riches villes commerçantes où vivait une des sociétés les plus raffinées du monde. S'y épanouissait une véritable " culture courtisane " animée par des artistes, des auteurs dramatiques, des poètes. Jacques Pimpaneau replace l'érotisme chinois dans son contexte culturel et souligne l'influence des religions et des événements historiques sur la vie amoureuse. Ferdinand Bertholet, après avoir raconté les grandes étapes qui l'ont mené à créer en deux décennies la plus importante collection d'art érotique chinois au monde, s'attache à commenter les œuvres reproduites dans un volumineux cahier hors-texte en couleurs. Le lecteur, ainsi initié, entrera dans l'intimité de ces " jardins du plaisir " et se verra offrir un accès à l'harmonie voluptueuse d'un monde perdu. Le printemps vient au monde, les fleurs se colorent, Votre taille si souple s'agite à mon rythme, Le bouton de votre fleur s'ouvre à moitié, Les gouttes de ma rosée font s'épanouir votre pivoine. Cao Xueqin

  • Du Moyen Âge à l'Époque contemporaine, l'art décoratif peut être défini par les matériaux, le design et les objets artistiques utilisés à la fois en architecture urbaine et en architecture d'intérieur. Comme beaucoup d'autres formes d'art, l'art décoratif continue à se développer, ajoutant à l'utilité de simples pièces comme des chaises une dimension esthétique pour s'orienter vers des objets purement ornementaux.
    Les Art décoratifs, en valorisant tous les supports d'expression de l'art décoratif à travers les siècles, aspire à faire l'éloge de ces édifices et objets souvent sous-estimés. À l'origine non considérés comme des arts appliqués, leur potentiel artistique ne fut reconnu qu'au XXe siècle lorsque la production industrielle remplaça la création artisanale.
    L'ancienneté, l'authenticité et surtout la singularité de ces précieux travaux sont aujourd'hui les nouveaux standards de qualité et de beauté de l'art décoratif.
    Rejoignez-nous pour la découverte de l'évolution de l'art décoratif à travers cet aperçu des principaux chefs d'oeuvre à travers le temps.

  • Visitant les sanctuaires et les cloîtres romans, qui ne s'est un jour interrogé sur la signification des nombreuses scènes historiées non bibliques où s'entremêlent dans des postures extravagantes hommes, animaux, monstres et végétaux ? Leur agencement complexe et leur présence répétitive peuvent difficilement les réduire à la seule fonction décorative. Des années durant, l'auteur est allé d'église romane en église romane et a collecté des centaines d'images. Enfin, s'appuyant sur les travaux d'illustres prédécesseurs historiens de l'art, il livre ici son interprétation de ces images de pierre, dans une réflexion éloignée de tout ésotérisme. Sans jamais asséner au lecteur de vérité définitive, avec une rigueur soutenue par une immense érudition et une belle écriture, il propose donc un surprenant voyage vers l'invisible, appelant à entrer dans ce monde souvent caché aux yeux d'aujourd'hui.
    Et, s'il ne le soulève sans doute pas totalement - mais comment serait-ce possible ? -, Pierre-Yves Le Prisé contribue toutefois largement, à travers cet ouvrage, à écarter le voile qui assourdit le langage lointain des sculpteurs romans.

  • Quelles sont les caractéristiques de l'art chrétien africain ? Les chrétiens africains doivent-ils disposer d'un art sacré de facture locale ? Cet ouvrage inscrit l'art chrétien africain dans le débat actuel de l'inculturation du message chrétien en Afrique.

  • Ce livre est un manuel indispensable à ceux qui cherchent à atteindre le passé de l'Afrique subsaharienne par le canal de sources non écrites. Il paraît au terme de 50 années de collecte et d'exploitations de sources orales en Afrique et se distingue par l'entrée en force de la religion dite traditionnelle dans le territoire de l'historien. Quelles perspectives l'exploitation des sources orales offre-t-elle aujourd'hui aux historiens ?

  • Le Peuple de l'Océan fait renaître la civilisation maritime océanienne, présentée pour la première fois dans un très large contexte maritime, historique et culturel. Sont ici dévoilés les secrets de l'art de la navigation sans cartes ni instruments d'aucune sorte, l'invention des praos volants et des catamarans, le savoir-faire des équipages et les méthodes inédites d'exploration de l'Océan. C'est très logiquement dans ces immenses espaces océaniques que le génie des marins a atteint sa plénitude.

  • Le regard occidental sur l'art contemporain africain est obstrué des scories idéologiques du passé colonial, de la situation économique marginale de l'Afrique, de préjugés de tous ordres. Seules sont reconnues des productions exotiques et festives. Cet essai propose une analyse des conditions de diffusion et de réception de l'art contemporain africain, à travers manifestations récentes et débats en cours.

  • La collection d'art primitif est un révélateur sans pareil des mentalités. Cet ouvrage parcourt ce qui sépare un objet rituel en service dans son lieu d'origine de ce qu'il représente pour nous, ici, abstrait, sur une étagère ou un meuble devenu malgré lui une sorte d'autel qui attend son dieu. Jusqu'au dérisoire, un curieux déplacement du sacré, mais certainement pas dépourvu de sens. Il n'y a pas là de passion pour un exotisme, mais pour quelque chose qui s'est figé dans la mémoire de l'Occident, une sorte d'éveil, de retour aux fondamentaux.

  • Cet ouvrage met en lumière l'importance fondamentale du rituel chamanique dans la formation de l'élite et sa perception du monde, à une époque où s'épanouissait sans censure un usage très encadré de psychotropes. Reflet de phénomènes hallucinatoires bien réels, ce rituel a subi de plein fouet les interdits coloniaux imposés par la Conquête. L'art précolombien illustre largement ces pratiques.

  • Les contes et légendes du Japon ont pour cadre un univers mystérieux et inquiétant peuplé de toutes sortes d'êtres étranges et surprenants. Et comment ne pas commencer ce voyage extraordinaire en vous parlant des kami ? Quand Izanami et Izanagi ont créé l'archipel, ils ont donné naissance à cette myriade de dieux. Et myriade, c'est peu dire : on dit qu'il y a autant de kami qu'il y a de cheveux sur une tête. Ces cinquante contes fantastiques, touchants et inattendus, nous racontent un Japon déroutant, traditionnel et légendaire, ancré dans un territoire à la frontière du mythe, de l'histoire et de la réalité.

  • La Côte d'Ivoire est riche de sa culture. L'oeuvre d'Apollinaire Ocrisse est une contribution majeure à la promotion et à la vulgarisation de l'art ivoirien et lève un pan de voile sur l'incroyable renommée dont jouissent les objets d'art de Côte d'Ivoire. Le texte est riche, assez illustré pour plonger le lecteur dans cet univers magique de la statuaire et du masque. (Format 220 X 300 - Nombreuses photographies couleurs - Couverture souple à rabat).

  • Cette étude s'attache à comprendre la relation qui existe entre scientifiques, professionnels de la culture, société civile et hommes politiques dans le domaine de l'archéologie. Comment tout conserver ? Est-ce souhaitable ? Qui prend en charge cette conservation ? Face à une situation anarchique, l'Etat impulse de nouvelles structures décentralisées destinées à la conservation et à la valorisation du patrimoine : les Centres de Conservation et d'Etude.

  • Cet ouvrage est une importante contribution à l'étude de la formation de l'art khmer. Il présente une méthode d'analyse des statues du Cambodge ancien appliquée à un large éventail d'oeuvres, en particulier aux sculptures des Dépôts de la Conservation d'Angkor. Ce regard neuf permet de mieux comprendre cette si riche période de la formation de l'art khmer tout en précisant plus nettement les affinités plastiques négligées jusqu'alors avec les oeuvres de pays voisins.

  • Songez, quand vous découvrirez ou retrouverez le Cambodge des temples, Angkor Vat, le Bayon, le Bapuon, Banteay Srei, Prah Khan... que l'immense cité des rois khmer fut reconstruite pierre à pierre par les hommes de l'École française d'Extrême-Orient à partir des années 1900. En 1901, Pierre Loti s'assoupit à l'ombre des géants du Râmâyana, pendant que Charles Carpeaux, le fils du sculpteur, se débat avec les tentacules des banians qui emprisonnent les tours à visage du Bayon. Paul Claudel, lui, croit rencontrer à Angkor Vat Satan personnifié. Quant à André Malraux, il vient à Angkor en 1923 pour dérober, à Banteay Srei, plusieurs déesses sculptées en bas-relief. De nouveaux documents, retracent l'équipée de l'écrivain au Cambodge. Outre celle de Malraux, c'est l'aventure des Conservateurs d'Angkor qui est contée dans ce livre : fallait-il être assez fou, au début du siècle, pour accepter de vivre dans la jungle et l'humidité afin d'exhumer des vestiges dont personne ou presque ne se souciait ? Certains, tel Henri Marchal, ont la grâce d'être élus khmer parmi les Khmers, d'autres disparaissent tragiquement. Quant au dernier Conservateur, Bernard-Philippe Groslier, il poursuit la reconstruction de ses monuments sous les tirs de roquettes et les bombes au napalm durant la guerre civile qui embrase le Cambodge de 1970 à 1975. Tous, en dépit des guerres et des avatars de la décolonisation, restèrent fascinés par la majesté des monuments qu'ils arrachaient à l'emprise de la forêt : chaque jour, ils côtoyaient les dieux.

  • Chants touaregs

    De Foucauld-C

    Le présent recueil de poèmes a été construit à partir de l'ouvrage que Charles de Foucauld a achevé trois jours avant sa mort, et dont les deux tomes ont paru en 1925 et 1930 sous le titre Poésies touadgues. L'auteur livrait dans cet ouvrage le texte touareg, la traduction mot à mot et la traduction en français courant de près de six mille vers recueillis en 1907 et traduits au prix d'un labeur épuisant au cours des neuf années suivantes. Presque chaque poème y était précédé d'une introduction présentant les circonstances de sa composition ainsi que des détails sur la vie du poète. L'ensemble était enrichi d'un abondant appareil critique fournissant les informations ethnographiques et linguistiques nécessaires à la compréhension du texte touareg.

  • Dans les cultes de possession religieuse comme dans la vie quotidienne ou dans les habitudes alimentaires, il semble que la fonction de la couleur pour l'homme soit de se pénétrer de l'énergie qu'elles représentent en s'identifiant à elles. Les couleurs deviennent alors une véritable reconnaissance d'identité pour tous les groupes religieux, sociaux, politiques ou nationaux.

  • Les tableaux des peintres voyageurs constituent une nouvelle « description de l'Égypte » du XIXe siècle vivante et colorée, couvrant les domaines les plus divers : historique, géographique, social, architectural. Quant à la ville du Caire, nous pouvons reconstituer toute son histoire, depuis sa fondation, en classant chronologiquement les monuments dépeints par ces artistes. Leurs témoignages constituent des documents précieux. Les peintures orientalistes étant dispersées dans les divers musées du globe ou appartenant à des collectionneurs privés, disséminés dans le monde, un inventaire de ces tableaux constitue une histoire vivante de l'Égypte des temps modernes joignant esthétiquement l'utile à l'agréable.

  • Berceau de l'art de l'Extrême-Orient, la Chine a toujours fasciné l'Occident, ses penseurs, ses savants autant que ses artistes. Raffinée et mystérieuse, elle ne cesse depuis 10 000 ans de développer ses arts avec un talent inégalé qui assura très tôt sa suprématie artistique.
    Admirées et copiées par tous, ses peintures et ses porcelaines sont aujourd'hui les marques intemporelles d'un passé somptueux qui continue à éblouir les voyageurs du monde entier. Abordant l'architecture, la sculpture, la peinture, mais aussi la céramique et le bronze, cet ouvrage offre un panorama complet de l'art chinois, de ses origines jusqu'à la chute de l'Empire en 1911.

  • Michel Leiris a fait appel à tous les savoirs pouvant rendre intelligible l'objet d'art africain. Cette étude présente une réflexion sur les conditions dans lesquelles le discours de Leiris a pu se situer par rapport à tel paradigme théorique ou à tel autre. Il apparaît, au fil de cette réflexion, qu'en s'affranchissant des préjugés de l'exotisme ou de la curiosité, celui qui écrivit l'Afrique fantôme a oeuvré en faveur de la mutation du discours sur l'autre en même temps qu'il développait une critique de l'ordre de la représentation ou de la figuration.

  • Agrémenté de schémas, ce texte expose la fameuse théorie dite des pyramides, ou comment transposer sur un plan en deux dimensions un effet tridimensionnel. Bien plus qu'un simple traité d'esthétique, il constitue une réflexion quant à notre appréhension du réel. Tant de clairvoyance et de perspicacité ne peuvent que saisir le lecteur moderne.

  • Au travers d'une approche morphostylistique, esthétique et fonctionnelle, l'auteur identifie les caractères récurrents qui constituent l'ossature du "style beti" au sein des statues, des architectures, des masques, des instruments de musique, etc. Les résultats stylistiques attestent clairement la particularité de la scupture beti, qui, bien que portant en elle les marques des contacts et même des influences des groupes voisins (en particulier les Fang), garde tout de même son originalité.

  • L'art contemporain africain parvient peu à peu sur la scène internationale. Le regard occidental est d'abord flatté par des oeuvres réputées typiques valorisant le traditionnel et l'exotique. Cet essai s'attache au contraire à montrer la diversité et l'hétérogénéité des pratiques qui le caractérisent. Ces quinze monographies décrivent des manières et une production, cernent les enjeux et les problématiques, et abordent les questions de l'africanité et du métissage.

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