• "Tout le monde pense, les poètes aussi.
    On ne s'en aperçoit pas toujours, parce qu'on préfère les voir en rossignols ou en oiseaux lyres, distraits plutôt que pensifs. Ou en êtres irrationnels, en proie à une fureur dangereuse pour la Cité, ce qui conduisit Platon à les bannir de sa République.
    Et pourtant. Comment ne pas penser quand la mémoire et le langage sont en jeu, quand tout l'être soutenu par le rythme est à la recherche du mot juste, afin de piéger une vérité qui se dérobe ? Mais la pensée des poètes exerce un charme, et l'on se méfie de ce qui ensorcèle, on n'aime guère être séduit quand on voudrait que règnent les idées. La poésie pense en images, elle s'empare d'objets imprévus ou réputés futiles. Elle aime les surprises plutôt que la théorie, la sensualité plutôt que l'abstraction, et c'est souvent après coup que le poète découvre ce qu'il avait à dire."

    Vingt-trois grands poètes, de Charles Baudelaire à Jacques Réda, peuplent cette anthologie conçue par un vingt-quatrième d'entre eux.

  • Georges Dumézil et les peuples de l'Antiquité, dont les histoires et les croyances sont parvenues jusqu'à nous grâce aux textes, comme dans une migration des âmes qui aurait laissé des traces ; Pierre Clastres et les Indiens Guayakis à peine sortis de la forêt, qui mangent leurs morts et connaissent donc le vrai goût de l'homme ; Marcel Griaule qui croit rencontrer Homère en Afrique, et cueillir le récit des origines sur les lèvres d'un vieillard aveugle ; ces trois expériences (et la lecture en est une, aussi intense que des voyages plus risqués), sont l'occasion de revisiter le musée de l'homme ; non pas celui du Trocadéro où les différentes expéditions ont entassé leurs reliques et leurs trésors, mais celui dont chacun d'entre nous est le fondateur et le gardien, mêlant ses souvenirs personnels à ceux des voyageurs et des peuples disparus, à la merci d'une mémoire qui refait sans cesse l'inventaire... Un musée où les morts se mettent à parler, où les vivants échangent leurs rôles et leurs masques, redisent les anciennes légendes en les interprétant, relancent l'imaginaire en s'inventant des origines, comme de vieux enfants parfois trop crédules.
    Ce qui permet de vérifier encore une fois ce que la littérature essaie de nous apprendre depuis toujours : qu'il existe une autre communauté que celle du sol ou du sens, - la communauté des hommes qui se souviennent des mêmes récits.

    Prix Roger-Caillois 2002

  • "Comment présenter Sade au lecteur de bonne foi ?
    Comment le persuader que l'érotisme, malgré tant de scènes de débauche, est loin de résumer l'homme ou l'oeuvre ?
    Comment faire un portrait de Sade qui n'édulcore rien, mais ne recommence pas le procès ?
    Comment, enfin, lire Sade pour ce qu'il est ? Un auteur prolifique, à l'insatiable curiosité, qui connaît du monde tout ce qu'on peut connaître à son époque, jusqu'en Afrique et en Océanie. Qui a interrogé la nature humaine à partir de sa propre expérience, et de son imagination sans limites. Et surtout, qui a comparé passionnément les croyances, les coutumes de tous les peuples, sans préjugés.
    Alliant à une sexualité qui n'est plus tournée vers la procréation un athéisme radical et la volonté d'en finir avec les tyrans, Sade s'aventure sur les territoires des ethnographes et des anthropologues, dont il est le précurseur en héritier des Lumières.
    C'est ce que j'ai voulu montrer en faisant le récit de ma lecture."
    Gérard Macé.

  • "La vie n'est pas simplement une question de destin, mais de passion. Retrouver la parole perdue, c'est se restituer une origine qui s'accorde à l'ordre du monde. [...] Bois dormant narre une exploration de soi en vue de répondre à l'injonction prononcée dans Le jardin des langues : "Videz-vous de la peur de la nuit". L'effroi de la mort n'a d'autre raison que l'ignorance de la naissance. On piétine dans les marais de la mémoire afin, momentanément, de remonter au commencement de soi, à l'origine de l'écriture, au point du jour."
    Jean Roudaut.

    C'est en ce point du double éveil de l'être et du monde que se tient Gérard Macé. Aussi est-il, comme le suggérait Hölderlin, l'un de ceux qui tentent "d'habiter poétiquement le monde". D'où ce statut d'écrivain-poète qui est sa marque propre. Avec lui, il est vrai, ainsi qu'il l'a déclaré, "la poésie est tombée dans la prose", et c'est un surcroît d'espace soudain accordé à l'écriture poétique.

  • "De Champollion, j'ai d'abord su qu'il n'était pas en Égypte avec Bonaparte ; que de la pierre de Rosette il n'a jamais vu que des copies plus ou moins fautives ; qu'il souffrait de la goutte et de ses pieds enflés comme ceux d'OEdipe ; qu'il entendait rugir un lion dans le nom de Cléopâtre, et qu'il s'évanouit devant son frère quand il eut trouvé le secret des hiéroglyphes...

    Puis j'ai su que pendant l'hiver 1827 on lui fit la lecture des romans de Fenimore Cooper, en particulier Le dernier des Mohicans. Je l'ai suivi sur cette piste romanesque, à travers une forêt qu'il cherchait peut-être à déchiffrer en même temps qu'il s'intéressait aux moeurs et aux coutumes "des nations sauvages de l'Amérique"".

    Prix France Culture 1989

  • Les travaux de la fée, que j'ai toujours vue baguée d'un dé à coudre : faire passer le manteau de la mémoire à travers le chas d'une aiguille.

    Depuis des semaines et des mois je tournais et retournais, dans mon esprit obnubilé par la lecture de Proust, ces quelques mots volés je ne sais où, puis tombés dans la poussière de la prose, quand le nom de Fortuny lu par hasard dans un dépliant sur Venise me rappela le fantôme d'Albertine, le manteau de la fugitive, et le voyage sans cesse remis du narrateur dans la Recherche du temps perdu.

    Deux fois déjà j'étais allé à Venise, mais sans rien voir ou presque, et sans autre souvenir que ceux qu'on trouve partout dans les livres. Et dans la Recherche elle-même le séjour du narrateur était curieusement resté lettre morte. Cette fois, par un effet de mimétisme auquel n'échappent guère les lecteurs de Proust (ils n'échappent pas davantage à l'hypnose et à la soumission), j'étais sûr que le nom de Fortuny serait un sésame, et que le "fils génial de Venise" m'aiderait à m'orienter dans le dédale de la ville et les souvenirs de lecture.

    J'ai donc suivi ce fil arraché au manteau d'Albertine, qui se retrouve aussi dans le vêtement de Peau d'Âne, le costume d'Esther et les voiles de Shéhérazade...

    Gérard Macé.

  • "Sous l'un de ses portraits, Nerval a écrit de sa main: 'Je suis l'autre'.
    Cette formule, qui n'est pas moins troublante que celle de Rimbaud, 'Je est un autre', est sans doute plus dangereuse pour son auteur, dont l'identité vacillante est un trait constant de son génie poétique, mais l'entraîne dans la folie. Cette façon de se confondre avec un autre, jamais le même en apparence, est d'ailleurs à l'origine d'El Desdichado, l'un des plus beaux poèmes de la langue française, dont la musique est celle d'un chant funèbre en même temps qu'une paradoxale affirmation de soi.
    Des Illuminés à Aurélia, en passant par Les Filles du feu, les poésies allemandes et Les Chimères, j'ai interrogé à mon tour un portrait de Nerval, le portrait changeant qu'il a laissé dans son uvre, et je l'ai complété par le témoignage d'un contemporain, si vraisemblable qu'il a le charme d'un propos saisi sur le vif, si peu connu qu'il a l'intérêt d'un inédit."
    Gérard Macé.

  • Colportage

    Gérard Macé

    "Le colporteur apportait autrefois, de village en village, des livres et des colifichets, de la mercerie, des calendriers, des images pieuses, des remèdes de bonne femme et des plans sur la comète. Il jouait le rôle de libraire ambulant, qui faisait circuler les nouvelles et prodiguait des conseils.
    Je reprends à mon compte cette figure de vagabond qui sait lire, de Juif errant incrédule, qui a vu le monde et même voyagé dans le temps.
    Dans ma besace de lecteur et de promeneur, je propose donc des livres que j'aime, des vers et de la prose, des images savantes et populaires, des commentaires mêlés de rêveries, et même des histoires brèves. Sans autre but que de partager mon plaisir, et quelquefois mes indignations."
    Gérard Macé.

  • La pantomime, le cinéma muet, le cirque : ces trois spectacles sans paroles (mais pas toujours silencieux) sont loin d'être privés de sens, même si le visage, les gestes, le corps tout entier s'expriment en se passant de tout discours, ce qui dans le monde d'aujourd'hui est presque une forme de résistance.

    Ces trois arts si proches de l'enfance à proprement parler, puisqu'ils sont muets, proposent d'autre part un traité du style et de la composition, car l'impeccable enchaînement de leurs figures est un savant dosage d'audace et de rigueur, de mémoire et d'improvisation.

    Ce ne sont pas pour autant des refuges à l'abri des violences de l'histoire : sur la scène, l'écran ou la piste, la réalité fait parfois irruption comme un courant d'air déséquilibrant les funambules que nous sommes ou comme une bête fauve dévorant les dompteurs que nous prétendons être.

  • "Promesse, tour et prestige sont les trois moments d'un spectacle de magie.
    Cette dramaturgie très simple est faite d'apparitions et de disparitions, de doutes et d'enchantement, comme la poésie et notre rapport au monde, mais donner trop d'explications est contraire aux usages, et tout dévoiler dépasse nos compétences."
    Gérard Macé.

  • "C'est grâce à un nom de femme, aussi mystérieux que les lettres effacées d'un alphabet ancien, aussi difficile à retenir qu'une langue apprise et jamais parlée, que m'est revenu non le souvenir d'un rêve, mais le souvenir d'avoir rêvé."

    Le nom obscur et fascinant auquel il est fait allusion dès les premières lignes du récit de Gérard Macé, c'est celui de Crepereia Tryphaena, qui désigne à la fois une morte et sa poupée, retrouvées sur les bords du Tibre à la fin du siècle dernier. À partir de l'histoire incertaine du sarcophage (qui date du deuxième siècle) et d'un rêve qui revient à ce propos, le narrateur erre dans la mémoire des noms, qui contient aussi ses propres souvenirs. Grâce à l'évocation de vies antérieures (dont celle de Champollion) et d'une identité qui se confond avec un jeu d'écritures, grâce à l'image d'un mannequin mais aussi grâce à l'étrange rendez-vous que propose le présent, dans un Paris à peine plus réel que la Rome antique ou l'Égypte des songes, le narrateur est alors confronté à un univers d'ombres, à des silhouettes agrandies, à des visages qui se ressemblent, à des vérités entrevues...

    Ajoutons que les trois coffrets du titre viennent d'une tradition lointaine, celle des contes populaires dont s'est inspiré Shakespeare pour Le marchand de Venise, et que Freud a commentée.

  • Le temps, c'était donc lui la figure de proue à l'avant de tous les navires, monstre ou sirène aux formes lisses dans le vent du départ, visage mouillé de larmes après avoir essuyé les tempêtes, vieux bois vermoulu survivant à tous les naufrages et flottant à la fin sur les eaux de la mémoire.
    C'est lui qui fait courir les nuages et qui gonfle les voiles, qui se retourne et s'enroule sur lui-même en orient, qui lance des vaisseaux dans un sens et dans l'autre l'autre, les fait danser entre la lune et la marée, accompagne nos musiques et le compte des syllabes, les brèves et les longues se succédant par vagues.

  • "La lecture de Segalen à la fin de l'adolescence, l'apprentissage rudimentaire et vite abandonné de la langue chinoise, puis trois voyages au Japon ont fini par me donner, autant qu'une connaissance de l'Orient, un autre regard sur ce qui m'était le plus proche. C'est pourquoi prennent place dans un même volume, à la suite de Leçon de chinois et Choses rapportées du Japon, les tercets des Petites coutumes, inspirés par le village d'Île-de-France où j'ai été enfant.

    Hölderlin l'avait déjà formulé, avec d'autres mots : l'une de nos tâches les plus ardues, mais les plus nécessaires, consiste à s'approprier ce qui nous est le plus familier. Chacun à sa façon, avec des détours qui lui sont propres."
    Gérard Macé.

  • La carte de l'empire est un nouveau volume de Pensées simples (le premier a été publié dans la collection Blanche en 2011). Les réflexions, notes de lectures, souvenirs et anecdotes qu'il rassemble au gré de trois sections pourraient passer pour disparates aux yeux d'un lecteur distrait.
    Un principe d'ensemble en émerge néanmoins peu à peu, qui est justement la négation de tout principe d'ensemble. Pour Macé il n'existe pas d'origine, ni de l'homme, ni des langues, ni de la culture. Tout est affaire de glissements, de déplacements d'un pays à un autre, d'un sens à un autre, d'un son àl'autre, etc. (Un point de vue qu'il étaye de très beaux exemples, puisés dans l'oeuvre de Rabelais, dans l'histoire du Japon, comme dans Lévi-Strauss.). Pas plus qu'il n'y a d'origine, il n'y a pour lui de centre (le présent manuscrit d'ailleurs n'en a pas). Macé s'exerce à regarder le monde, non depuis l'Europe, mais depuis le Japon, ou l'Afrique. Il met face à face les grands totalitarismes du XXe siècle quand on a l'habitude de les opposer. Il juxtapose les regards de cinéastes aussi différents qu'Ozu et Michael Cimino. Et quand il parle de littérature, il récuse le roman et sa domination, affirmant : La poésie m'a sauvé la mise.
    Ces fragments opèrent entre eux et forment un discours de plus en plus net et pénétrant. Un livre en forme de cabinet de curiosités, patiemment composé par un écrivain flâneur et érudit au goût et au regard très sûrs.

  • "Il y avait un jour un homme, qu'on aimait dans son village parce qu'il racontait des histoires."

    Cet homme pourrait être dogon, anglais, japonais, égyptien, poète ou Gérard Macé lui-même. Ainsi débutent les contes, les mythes et les légendes, par une langue qui claque, des mots qui jaillissent, par une imagination sans limites.

    Du babil de l'enfant aux borborygmes de l'étranger, la parole indistincte ne cesse d'être présente et créatrice d'incompréhensions, voire de conflits. Mais la littérature, qui éduque et civilise en faisant rêver, peut réunir les hommes à condition qu'ils apprennent à dépasser la parole mensongère et manipulatrice comme en témoigne l'esclavage. Seul le poète, avec son chant intérieur, est capable de rythmer des sonorités familières en un battement à peine perceptible, et de faire d'une langue de tous les jours une langue poétique avide de sens.

  • La langue, la littérature, les mythes, la civilisation et la barbarie : telles sont les lignes de force et les hantises personnelles à partir desquelles se dessine l'unité de ce livre, qui repose aussi sur l'enchaînement des pensées.
    La langue : l'auteur se penche non seulement sur le français, mais aussi sur le chinois, le japonais, les hiéroglyphes de l'ancienne Égypte.
    Les mythes sont ceux du monde entier.
    Quant à la littérature, elle est celle des grands écrivains de l'humanité, notamment les conteurs.
    Grand voyageur, l'auteur est particulièrement fasciné par l'Afrique ; d'où des notations inattendues sur ce continent méconnu, car le voyage est devenu une expérience personnelle, au même titre que la lecture, le souvenir, la rencontre.

  • Ce livre s'inscrit dans une tradition, prolonge un genre qui nous a déjà donné des vies parallèles, imaginaires, brèves et même minuscules. Il s'ouvre sur une citation de John Keats que Baudelaire paraphrase en ces termes dans l'un de ses poèmes en prose : 'Le poète jouit de cet incomparable privilège, qu'il peut à sa guise être lui-même et autrui. Comme ces âmes errantes qui cherchent un corps, il entre, quand il veut, dans le personnage de chacun.'
    Traduire, interpréter, rêver sa propre vie en se prenant pour un autre, c'est dire un souci poétique, exprimé ici par l'évocation de personnages apparemment aussi divers que le scribe égyptien, Simonide, Ésope, un peintre chinois du siècle dernier ou Henri Michaux vu en rêve... Mais ces personnages sont autant de fantômes ou de prête-noms, dont l'apparition est souvent due à un détail.
    D'un récit à l'autre, et d'échos en associations, c'est la voix du narrateur qui fait le lien ; un narrateur dont la mémoire va bien au-delà des souvenirs personnels, et qui semble croire à cette vérité populaire : 'Dis-moi qui tu hantes... je te dirai qui tu es.'

  • Dante qui recopie le "livre de la mémoire" dans la Vita nuova ; Leopardi écrivant à son père, avant d'être invité à dîner par Umberto Saba ; Sergio Solmi qui médite sur le scorpion ; Cristina Campo devant une place de Rome où elle évoque Borges, qu'on retrouve à Palerme en compagnie d'un photographe, Ferdinando Scianna ; enfin, Mario Praz ironisant à l'avance sur les erreurs de la postérité : les auteurs italiens qu'on lira dans ce volume, traduits et présentés par Gérard Macé, semblent parfois se parler entre eux (mais en français) pour repousser les frontières de l'espace et du temps.

  • Le colporteur d'autrefois transportait des livres et des colifichets, mais aussi des images, qui favorisaient les représentations de l'imaginaire aussi bien que la connaissance du monde réel.
    Dans le même esprit en voici quelques-unes (en espérant que les mots les donnent à voir), choisies sans autre motif que la fascination qu'elles ont exercée sur l'auteur. À cause de leur charme le plus souvent, de leur redoutable ambiguïté quelquefois.
    Comme elles sont empruntées à la peinture, à la photographie, au cinéma, et qu'elles réveillent à chaque fois la mémoire, Henri Cartier-Bresson peut voisiner avec Hitchcock, le Douanier Rousseau avec Raphaël, des prisonniers de guerre avec des chasseresses ; et la mauvaise foi du communisme avec l'idéal siennois du bon gouvernement.

  • "Je n'ai pas inventé ces 'Illusions sur mesure', que proposait l'enseigne d'un tailleur à Montréal.

    Mais il m'a semblé que l'expression pouvait désigner le musée de l'ombre qui se cache à Prague, aussi bien que les jardins de Kyôto, sans parler des sirènes, de la clé des songes ou de la postérité. Il m'a semblé que ce titre, trouvé dans la rue, pouvait s'appliquer à nos livres, à nos voyages, à nos peurs et à nos espérances. À toutes ces représentations qui nous accompagnent partout, à toutes ces imaginations, les unes fastes et les autres funestes, grâce auxquelles nous rêvons notre vie, en inventant notre rapport au monde.

    Ai-je dit que le monde lui-même était une illusion ? Je ne crois pas, sinon j'en aurais trop dit."
    Gérard Macé.

  • Fidèle à sa manière de mêler poèmes et prose poétique, Gérard Macé a composé ce recueil dédié aux "Filles de la mémoire", cest-à-dire, littéralement, les Muses. Un recueil consacré au souvenir et à loubli, à la mémoire et à lamnésie, tout au long de ces six parties successives : Filles de la mémoire Linvention des souvenirs Les anges de loubli Face cachée Vues de lesprit Étoiles filantes.

  • « La pensée des poètes exerce un charme, et l'on se méfie de ce qui ensorcèle, on n'aime guère être séduit quand on voudrait que règnent les idées. » Gérard Macé

  • Babel, c'est aujourd'hui la confusion des genres, des époques, des cultures ; et, dans son utopie, la recherche d'une langue qui puisse rendre compte de la somme de nos désirs, de nos terreurs, de nos bégaiements : le chant qui commence où le récit prend fin...

    Orienté par la relecture (et le rêve) du mythe ancien sur l'origine des langues, ce livre est un long poème en prose, une parenthèse dans la parenthèse qui ne se referme pas, à la suite d'un prologue entièrement soumis à la fascination de l'univers théâtral.

  • Des rues d'Istanbul à un théâtre au bord de la mer, et de la pantoufle de verre à un signe de ponctuation peut-être inventé par Jean Paulhan, ce volume réunit des essais brefs inspirés par vingt ans de lectures, mais aussi par des rencontres et des amitiés. Les écrivains célèbres y côtoient des auteurs méconnus. On y voyage avec Segalen, mais la Chine est celle de Bartoli, qui fit de l'empire du Milieu une contrée imaginaire et plutôt baroque ; on s'interroge sur le rêve avec Mandiargues, sur la poésie avec Bounoure, sur les mirages à propos de Fata Morgana ; on y rencontre des morts qu'on a connus vivants, des vivants à qui l'on souhaite d'écrire encore, Lewis Carroll en barque sur l'Isis et même un bibliophile dont l'existence est incertaine.

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