• « Envers l'accord du participe passé, notre société mêle révérence résignée, enseignement par routine, usage incompris, désinvolture mal assumée. Croyants, mais peu pratiquants, nous célébrons une énigme. Comment en est-on arrivé là ? C'est ce que nous allons voir. »

    Le linguiste Bernard Cerquiglini nous plonge dans l'histoire de l'accord du participe passé ; elle tient du roman. Il montre que ce fragment de syntaxe est, depuis des siècles, une question primordiale de la grammaire française, une source de controverses, l'emblème de la norme.

    Une lecture passionnante qui, déconstruisant le mythe d'une prétendue difficulté insurmontable, donne les clés de cet accord et du plaisir qu'on peut y prendre.

    Universitaire, linguiste, membre de l'Oulipo, Bernard Cerquiglini a exercé diverses fonctions au ministère de l'Éducation nationale, au ministère de la Culture et en Francophonie. Il est l'auteur de nombreux ouvrages sur la langue, dont Le Ministre est enceinte ou La grande querelle de la féminisation des noms, disponible en Points « Le Goût des mots ».

  • La querelle de la féminisation des noms de métiers (titres, grades, fonctions...) est exemplaire du rôle de la langue dans notre pays. En dix ans, elle a rythmé un des changements les plus rapides et les plus étendus de son histoire. Mêlant, tout comme l'interminable débat orthographique, le linguistique et le politique, opposant les conservateurs et les interventionnistes, confrontant le patrimonial et le fonctionnel, elle fait du français une langue querelle. La récente controverse sur l'écriture inclusive l'a montré à nouveau.
    Rien n'est plus passionnant que les aventures de notre langue si on sait nous les raconter. Et c'est bien le talent de Bernard Cerquiglini, qui a su, au fil de ses livres, allier l'humour à la science du français tel qu'on le parle. Il retrace ici l'histoire savoureuse de cette féminisation, les arguments de ses acteurs, leurs hauteurs de vue et parfois leurs petitesses...
    Bernard Cerquiglini est un linguiste français, universitaire. Il a exercé de nombreuses fonctions au ministère de l'Éducation nationale, au Conseil supérieur de la langue française. Il présente l'émission quotidienne de format court Merci professeur! sur TV5 Monde et est l'auteur de nombreux ouvrages.

  • À peine issue du latin, au IXe siècle, la langue française fut écrite, dans un contexte éminent et à des fins politiques (Serments de Strasbourg, 842) ; c'est singulièrement tôt.
    Un petit-fils de Charlemagne, prince diplomate, guerrier latiniste, eut l'idée de son usage écrit ; Nithard est l'inventeur de la langue française.
    Il en fut aussi le premier écrivain : la littérature en français est née de son chagrin.
    L'essor du français et de ses Lettres doit donc beaucoup à Nithard, envers qui les siècles se sont montrés ingrats avec constance.
    Au terme d'un road movie carolingien, le lecteur saura pourquoi.

  • Qui veut la peau du circonflexe ? Des défenseurs du « nénuphar » aux détracteurs du « règlement », la polémique manifeste l'attachement profond des Français à leur langue. Rien d'arbitraire, pourtant, dans cette réforme. Du xviie siècle, qui vit l'Académie française choisir une norme orthographique, au xxie siècle, la langue et son orthographe n'ont en effet cessé d'évoluer, le plus souvent sous la pression des usagers plutôt que de l'État. C'est ce que rappelle le linguiste Bernard Cerquiglini, qui dirigea la Délégation générale à la langue française, dans une fascinante exploration de cette passion française : évoluer est bien le propre d'une langue vivante. Découvrez le guide complet expliquant la rectification, ses origines, sa raison d'être et, surtout, l'ensemble des règles qui changent ainsi que la liste des mots dont l'orthographe évolue : l'ouvrage indispensable pour tout comprendre.

  • Une langue orpheline

    Bernard Cerquiglini

    • Minuit
    • 18 Octobre 2018

    On a longtemps cherché pour la langue française des origines les plus nobles, justifiant sa grandeur. Découvrir qu'elle provenait d'un latin populaire mêlé de gaulois et de germanique, qu'elle était la moins latine des langues romanes fut un chagrin.
    On sut toutefois compenser ce manque initial en édifiant un idiome comparable à la latinité enfuie : orthographe savante, lexique refait, grammaire réglée, fonction sociale éminente. C'est pourquoi le français, admirable latin de désespoir, est aussi la plus monumentale des langues romanes.
    On sut enfin donner à la langue nationale une origine, autochtone, enfin gratifiante. Le parler de l'Île-de-France, dialecte élégant et pur, aurait eu depuis toujours la faveur des écrivains, la protection des princes ; il aurait été la source incomparable de l'idiome irriguant la France et le monde. À la fin du XIXe siècle, la science républicaine changea cette légende en savoir positif, offrant au pays meurtri la raison d'admirer son langage et de le répandre.
    Une langue orpheline est ainsi devenue l'exemple universel de la perfection naturelle que confortent les artistes et les doctes, ainsi que l'identité d'une nation, et sa passion la plus vertueuse.

    Cet ouvrage est paru en 2007.

  • L'accent du souvenir

    Bernard Cerquiglini

    • Minuit
    • 18 Octobre 2018

    C'est en 1740 seulement, quand elle publia la troisième édition de son dictionnaire, que l'Académie française introduisit l'accent circonflexe dans l'orthographe du français. Après deux siècles de polémiques, durant lesquels cet accent fut avec constance le champion de l'innovation, du progrès, de la modernité. Et tandis qu'il était, avec une opiniâtreté non moins égale, rejeté et moqué par les tenants de l'orthographe traditionnelle.
    L'amour de l'accent circonflexe, conservatisme bénin, tendre attachement au modeste « chapeau » des voyelles, possède donc une histoire. Et cette histoire est paradoxale : elle raconte l'émergence difficile du signe qui figure éminemment aujourd'hui la graphie du français, le respect qu'on lui doit, l'affection qu'on lui porte. Cette histoire dévoile ce qui fonde nos pratiques d'écriture.
    Au centre de la question orthographique depuis le XVIe siècle, et au coeur des querelles et débats, où il va occuper les positions moderniste et conservatrice ; au carrefour de l'oral et de l'écrit, de l'usage et de la raison, de la mémoire et de l'oubli, l'accent circonflexe révèle l'ambiguïté de l'orthographe française. Il en illustre la passion.

    Cet ouvrage est paru en 1995.

  • La Parole médiévale

    Bernard Cerquiglini

    • Minuit
    • 18 Octobre 2018

    Dans quelles conditions la linguistique contemporaine peut-elle approcher la syntaxe de l'ancien français ? Ici nous ne disposons pas d'intuitions, mais de textes. Ce qui entraîne la thèse suivante : la recherche, traversée par les théories actuelles, en particulier énonciatives, seules capables d'instituer en problème la disparate des données, doit adopter une pratique conforme à son objet : la langue d'oeuvres manuscrites non fixées. L'analyse joint à l'hypothèse linguistique l'apport des savoirs philologique et littéraire ; elle reconstitue l'unité du médiévisme.
    Étudier la représentation de la parole éclaire et justifie cette procédure totalisante. Le discours dans cette littérature naissante unit la syntaxe et le style ; l'énoncé confronte le code de la langue à celui de la communication esthétique. Ainsi, une forme d'écriture nouvelle, la prose, se crée au XIIIe siècle, dans un rapport suspicieux à la parole ; ainsi, un élément énonciatif complexe, l'adverbe mar, figure la profération médiévale du malheur.
    Phénomènes d'écriture et d'énonciation, signes et signaux participent à une édification. Cette parole monumentale fait résonner en littérature ce qui est le lien et la mémoire de la société médiévale : la voix humaine. Toute parole engage, donne sens. Représentée, elle gagne une rigueur qui place la rhétorique du discours entre le théâtre et le droit.

    Cet ouvrage est paru en 1981.

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