• La dernière partie du Seigneur des Anneaux voit la fin de la quête de Frodo en Terre du Milieu. Le Retour du Roi raconte la stratégie désespérée de Gandalf face au Seigneur des Anneaux, jusqu'à la catastrophe finale et au dénouement de la grande Guerre où s'illustrent Aragorn et ses compagnons, Gimli le Nain, Legolas l'Elfe, les Hobbits Merry et Pippin, tandis que Gollum est appelé à jouer un rôle inattendu aux côtés de Frodo et de Sam au Mordor, le seul lieu où l'Anneau de Sauron peut être détruit.
    Cette nouvelle traduction prend en compte la dernière version du texte anglais, les indications laissées par J. R. R. Tolkien à l'intention des traducteurs et les découvertes permises par les publications posthumes proposées par Christopher Tolkien.
    Ce volume contient 15 illustrations d'Alan Lee, entièrement renumérisées, d'une qualité inégalée, ainsi que des cartes (en couleur) de la Terre du Milieu.

  • Père et fils

    Larry Brown

    Après trois ans derrière les barreaux, Glen sort tout juste de prison. Il rentre chez lui, dans ce Sud écrasé par la chaleur où son père, son frère, sa petite amie et le fils qu'elle a eu de lui, l'attendent. Quarante-huit heures plus tard, Glen a déjà commis un double meurtre. Aucun indice ne peut mener jusqu'à lui. Mais tout va conduire à faire rejaillir à la surface les secrets enfouis depuis deux générations, les démons qui hantent les âmes en peine de cette famille aux prises avec son destin. Père et Fils ménage une tension croissante semblable à la marche implacable d'une famille en route pour l'enfer.

  • Ruby

    Cynthia Bond

    Ephram Jennings n'a jamais oublié la petite fille aux longues nattes avec qui il s'était aventuré dans la forêt de pins de Liberty, à l'est du Texas. Mais la jeune Ruby a souffert plus qu'on ne saurait l'imaginer. Aussi s'échappe-t-elle dès qu'elle le peut pour aller vers les lumières du New York des années 1950. Si belle et si noire, Ruby se fait rapidement une place au coeur même de la ville, tout en ne cessant d'espérer croiser sa mère. Lorsqu'un télégramme de sa cousine la rappelle chez elle, Ruby Bell se retrouve, à trente ans, confrontée à l'extrême violence raciale de son enfance... Ephram décide de tout tenter pour l'arracher à la spirale de malheur qui la guette.

    /> « Cynthia Bond prouve qu'elle est une force littéraire puissante, un écrivain dont l'écriture à la fois précise et lyrique rappelle celle de Toni Morrison. » Oprah Winfrey

    « Puissant, indispensable, à peu près à l'image des personnages et des paysages décrits [...]. Un bijou littéraire que l'on n'est pas prêt d'oublier. » Edwige Danticat

  • Cela faisait vingt ans que Karl n'avait pas remis les pieds chez les siens. Amenant avec lui sa petite fille et ses dettes de jeux, il revient à la ferme familiale où nul ne l'attend plus. Ici, les secrets et les blessures du passé semblent avoir définitivement dressé des murs entre les hommes et les deux nouveaux arrivants vont remettre en question le fragile équilibre de ces vies. Et, pendant ce temps dans la forêt obscure et enneigée, une bête rôde. Véritable bijou ciselé et poétique, Clouer l'Ouest révèle une voix unique et témoigne de l'infini talent de Séverine Chevalier à dire les drames et les rêves qui font le coeur de l'humain.

  • Satoshi, bientôt trentenaire, est propriétaire d'une boutique de plantes aquatiques. Il peine à trouver le grand amour et reste hanté par le souvenir de ses deux amis d'enfance qu'il n'a pas revus depuis quinze ans. Un jour, une actrice et mannequin reconnue sonne à la porte : elle cherche un petit boulot et un toit pour la nuit. Satoshi est troublé : pourquoi cette jeune femme s'intéresse-t-elle à lui ? Et pourquoi ne la voit-il jamais dormir ? Quels secrets la belle peut-elle bien cacher ?
    Avec Takuji Ichikawa, les souvenirs remontent à la surface et viennent bouleverser le quotidien. Il dépeint des histoires d'amour et d'amitié avec humour et délicatesse dans ce roman poétique et plein de fantaisie.

  • Julie, quarante-six ans, a fait son lit et rangé sa cuisine équipée après le départ de ses enfants pour l'école. Elle est écrivaine et musicienne et, aujourd'hui, elle a rendez-vous avec Julie, treize ans, avec sa jeunesse.
    Sur les photyos d'époque, ses enfants ne la reconnaissent pas. Leur mère, crane rasé, violon en main, dans la nuit berlinoise, juste après la chute du mur. Leur mère enroulée dans un camion qui traverse les nouvelles frontières et mène aux scènes underground d'Europe de l'Est ? Inimaginable.
    Et la gamine survoltée qui a la rage et hrle dans le micro, est-ce qu'elle reconnaîtrait la femme qu'elle ne pensait jamais devenir ? Ce livre, c'est le groupe qu'elles forment à elles deux. Sa musique est pugnace, douce-amère, entêtante. Dans sa lucidité, elle nous berce tous.

  • « Road-movie d'une âme blessée, portrait d'un insoumis égaré dans l'Amérique du profit, De Marquette à Veracruz est aussi un chant d'amour adressé à ce Michigan encore édénique dont Harrison fait entendre le moindre murmure, sous les caresses du vent. Un roman magistral. » André Clavel, L'Express

    « D'un trait de plume, Jim Harrison métamorphose « Poor Little Jimmy » en véritable personnage de roman. [...] Dans sa voix pointe une mélancolie bizarre. Cette mélancolie si fine, infiniment belle, qui électrise tout son récit, En marge, et qu'il nomme « saudade » ». François Busnel, Lire

    « Jim Harrison, il vous prend aux tripes. Il vous noue la gorge. Vous auriez bien envie de jouir calmement de sa plume, de ses personnages... mais voilà, un livre de Jim Harrison on ne peut pas s'empêcher de le dévorer. La route du retour, est un monument. » Christine Brulé, Ouest France Dimanche

  • Après « L'Iliade des femmes », Daniel Mesguich, fils aimé de la Muse française, et Emmanuel Lascoux, helléniste rêveur à haute voix de grec ancien, renouent avec la formidable épopée qui a donné naissance à la littérature. Naissance donnée par un choeur de femmes, à commencer par Hélène et jusqu'à la patiente Pénélope, dans cette Odyssée des femmes. Comme elle, Emmanuel Lascoux tisse et déploie, avec Daniel Mesguich, l'étoffe de ce chant autour des femmes et les déesses, brodeuses, amantes, guerrières, soeurs ou ennemies, qui en sont la force.

    « Je passe tout mon temps à me cuire le coeur aux regrets de mon Ulysse, mon Amour. Eux, ils veulent précipiter le mariage ; moi, je dévide le fil de mes ruses. Une étoffe, voilà l'idée que m'a soufflée une divinité : dresser un grand métier, dans mon palais, et me mettre à tisser, du travail surfin, une pièce interminable ! Après, je leur propose : « Jeunes gens, chers Prétendants, Ulysse est mort, ce dieu ! Patience, ne précipitez pas mon mariage, voyez-vous cette étoffe ? Attendez que je l'aie terminée - quel dommage de gâcher tout ce fil ! C'est un linceul pour Laèrte, ce héros, pour le jour où la destinée l'appellera, où la mort au deuil sans fin le prendra. » Voilà ce que je leur dis, et voilà qu'ils le gobent, ces braves ! Alors je passe mes journées à tisser à mon grand métier et mes nuits à tout défaire, aux lumières dont je m'éclaire. »

  • Dans ce premier ouvrage sur les comportements politiques des pieds-noirs, l'auteur dresse un tableau vivant et complexe de leur histoire et de leur rapport à la politique, de 1871 à nos jours, avec la guerre d'Algérie et le retour en France comme moments clés. Comment votait-on dans les départements français d'Algérie ? Quelles furent les conséquences de la guerre puis du rapatriement en France sur le comportement politique des pieds-noirs ? Que reste-t-il du « vote pied-noir » aujourd'hui ou de leur proximié avec le Front national ?Ce livre permet de mieux comprendre comment les pieds noirs se perçoivent aujourd'hui, ce qu'il reste du traumatisme, près de cinquante ans après la guerre d'Algérie, et quelle incidence celle-ci continue d'exercer sur leurs attitudes politiques. Il montre également comment les enfants des rapatriés, conscients du traumatisme vécu par leurs parents, ont cependant décidé de tourner la page.Un livre qui manquait sur une période forte de la Cinquième République et sur une communauté finalement méconnue ; une contribution importante à l'analyse des processus de transmission des traumatismes passés.

  • « Voilà les sexes » est une sotie : les Fous s'agitent et jouent l'Action du Sexe : accélération des effets de langue « sexuelle », avec dérapages contrôlés et carambolages idiots. Singeries des signes d'Éros. Naufrages des litâneries sexy, sexistes, stéréoedipées. Sur la scène, peinturluré, le totem hilarant du souci sexuel. Dans le langage, une sorte de torsion qui fait surgir la pornographie du fond verbal. En fosse d'orchestre, un rythme obtus, tapant comme un sourd au sac de sons. C'est à lire comme des graffitis. À entendre comme l'orphéon d'un cirque. À regarder comme un défilé de Grosses Têtes et de Nez en carton. À comprendre comme un essai de mise en tableau du ratage sexuel généralisé. Ch. P.

  • Papa est arrivé de loin. Son avion a atterri.
    Il est enfin revenu. Et s'il n'aimait plus jouer au hockey ? S'il n'aimait plus manger des frites ?
    Et si... et s'il ne me reconnaissait pas ? Ça fait tellement longtemps...
    Un album important sur l'absence qui s'étire, l'attente, la peur et le retour à la maison des militaires qui sont parfois traumatisés et blessés.

  • En 1946, Antonin Artaud sort de l'asile de Rodez. Des amis, Arthur Adamov et Marthe Robert entre autres, s'entremettent pour lui trouver un hébergement en milieu médical, proche de Paris. Une jeune interne en psychiatrie, Paule Thévenin, âgée de vingt-trois ans, rend visite au docteur Delmas qui a une maison de santé à Ivry et avait soigné Roger Gilbert-Lecomte et la fille de Joyce. Il accepte de loger Artaud dans un bâtiment à l'écart, où il pourra écrire en toute liberté. Artaud, qui a l'habitude de dicter ses textes une fois rédigés, demande à Paule Thévenin de les taper à la machine. Il lui dicte différents textes, dont le célèbre Van Gogh le suicidé de la société. Artaud meurt en 1948. Après diverses difficultés de mise en route, les éditions Gallimard confient l'édition des OEuvres complètes à Paule Thévenin, seule capable de déchiffrer l'énorme somme des manuscrits et d'en établir une copie conforme à la lettre et à l'esprit de l'auteur du Pèse-nerfs. C'est le début de l'une des plus étonnantes aventures de l'édition contemporaine : Paule Thévenin y consacrera sa vie, son énergie et son talent de scribe et d'exégète en publiant, à ce jour, une trentaine de volumes, des premiers poèmes aux Cahiers de Rodez et aux Cahiers du retour à Paris. À l'édifice, énorme et flamboyant, des textes, s'ajoutera, en 1986, l'ensemble des dessins et portraits, qu'elle présentera en collaboration avec Jacques Derrida. Le présent livre rassemble les écrits de Paule Thévenin consacrés à Artaud : préfaces, commentaires de textes, élucidations, recherches généalogiques, entretiens, récits anecdotiques. Travaux incessants, exercices de la fidélité esthétique autant que de l'admiration familière, ces essais ont accompagné le travail de l'édition des OEuvres complètes comme un témoin, comme une lumière.

  • Les réalités virtuelles transforment notre vision du monde en construisant des espaces imaginaires que l'on peut parcourir et explorer. Claude Cadoz, directeur d'un centre de recherche sur l'informatique appliquée à la création musicale et à l'image animée, s'interroge sur les dangers de la confusion entre ce monde fictif et l'irremplaçable réalité.

  • Rien ne semble entamer l'inimaginable faveur dont ne cesse de bénéficier la vérité. Ses antonymes, le mensonge, la tromperie, l'erreur, l'illusion, ne s'opposent à elle qu'en y faisant appel. L'amour même la convoque : on le veut vrai. Science, religion, magie, vie quotidienne l'invoquent comme une référence sans laquelle aucun de ces discours et pratiques ne tiendrait. On porte, à juste titre, des millions de morts à son compte, un tant soit peu soutenue, elle cautionne les persécutions les plus résolues, et cependant les quelques procès qui lui sont intentés philosophiques n'entament guère son prestige. C'est que seul l'oubli la met en cause ; la vérité est en permanence menacée de sombrer dans l'oubli, plus radicalement encore, dans l'oubli de l'oubli. De là son nom grec d'alétheia qui dit qu'elle est ce qui prive d'oubli (de léthé). Mais quelle est son arme contre l'oubli ? Le phallus. Chaque culture de la vérité est un culte phallique, ce que déjà disait la racine indo-iranienne du mot rta (Detienne). « C'est de réminiscences surtout que souffre hystérique ». Avec cette phrase, Freud donnait le véritable coup d'envoi de la psychanalyse. Elle revenait à dire que le symptôme prive d'oubli, qu'il est une vérité. Or, un gigantesque malentendu s'est très tôt greffé là-dessus. Partant de ce non-oubli, paradoxalement, on a orienté la psychanalyse vers la recherche de l'oublié c'est l'anamnèse alors qu'il s'agissait d'oublier ce qui n'avait pas pu l'être. Il revint à Lacan de lever ce malentendu. On entreprend ici la lecture des voies qu'il a ouvertes de sa subversion de la vérité. Elles convergent avec la critique de la psychanalyse formulée par Foucault sur la base d'un constat que pour le moderne sujet de la jouissance, la question n'est pas celle de la vérité de son érotique (c'est la psychanalyse faite pastorale) que l'érotique de sa vérité (la psychanalyse en tant qu'érotologie de passage).

  • « Dans les centres urbains, on immole en général la bête de ses moyens : une poule, un coq. Mais, au fur et à mesure qu'on monte dans l'échelle sociale, et qu'on est bourré aux as, l'obole passe d'une chèvre ou d'un bouc au mouton, d'un mouton à une vache, de la vache à un être humain, ce dernier étant généralement considéré sans protection surnaturelle... »

  • Comme au temps de Pierre Le Grand, tel un miroir à double face, Saint-Pétersbourg offre aux Russes une fenêtre sur le monde, et pour le monde, une image embellie de la Russie. Tournés vers l'Occident, les jeunes veulent vivre les rêves qu'il suscite. La drogue en est l'un des avatars. Consommée sans retenue, elle représente une évasion de la grisaille quotidienne plus qu'une contestation. Ils ont entre douze et trente ans, enfants des rues ou bannis de la société, étudiants de bonne famille ou anciens militaires, leurs chemins se croisent. L'ancienne capitale des tsars compterait 300 000 toxicomanes... Grand reporter, travaillant sur la Russie depuis dix ans, Nicolas Jallot a vécu l'effondrement de l'Union soviétique... Dans un paysage digne des romans de Dostoïevski, il démontre que la drogue n'est pas une fatalité. Des hommes consacrent leur vie à lutter contre ce fléau. Ce livre raconte leurs destins, parfois étonnants. Dans ce combat de David contre Goliath, ils prouvent que le développement d'un pays passe, aussi, par la réinsertion de jeunes à la dérive.

  • Six séquences où alternent proses et poèmes lyriques.

  • Orphelin, Arthur Kellerlicht, un jeune Allemand d'origine juive mais de confession protestante, est contraint de fuir l'Allemagne nazie. D'abord réfugié dans un pensionnat en Haute-Savoie, il s'installe à Paris au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale pour y suivre des études de lettres. Cette nouvelle éducation va de pair, chez l'adolescent qu'il est alors, avec l'éveil de troubles érotiques liés aux châtiments corporels. Quelques années plus tard, Arthur revient dans l'Allemagne d'après-guerre à l'occasion de vacances scolaires. Il retrouve sa famille, la maison natale dans la région de Hambourg. Désormais pénétré de culture française, il vit le tourment de se découvrir étranger à sa propre langue, à ses origines.
    L'obsession du masochisme et de la faute traverse ce récit initiatique, où l'inquiétude du jeune héros rejoint la question plus profonde des rapports de L'Allemagne avec son propre passé. C'est aussi un texte sur l'exil et le déracinement, une quête identitaire que poursuit l'auteur à travers son oeuvre romanesque et autobiographique, depuis Le Miroir quotidien (1981), puis Un jardin en Allemagne (1986), La Forêt interrompue (1991) et La Traversée des fleuves (1999).

  • Musicienne, Constance déménage volontiers au gré des tournées
    et de son besoin de changer d'air. Mais, après vingt ans à l'étranger,
    elle est de retour à Montréal au chevet de sa mère, maintenue en
    vie artificiellement : on requiert sa signature pour mettre fin aux
    soins. Constance, qui n'a jamais su trouver sa place dans cette
    famille, est décidée à faire ce qu'on attend d'elle et à reprendre
    l'avion aussitôt. Pourtant, elle se surprend à étirer les heures.
    Dans les couloirs de l'hôpital, dans les rues de la ville, les voix
    rebondissent et les souvenirs affluent comme autant de cartes
    postales retrouvées. Chaque image, chaque mouvement, chaque
    sensation semble vouloir raconter à Constance son secret. Et quand
    ça arrive, se dit-elle, il faut prendre le temps d'écouter.

  • Conjuguant les petites saisons de la journée, les grandes saisons de la vie et les saisons du voyage, ce recueil mêle aux temps perdus ou retrouvés les cycles qui reviennent et s'achèvent, les jours qui déclinent et renaissent, les instants qui meurent ou s'éternisent.

    retour au pays natal
    chaque année son lot
    de nouveaux décès

    cheminée noircie
    y veillait jadis la nuit
    de la cendre rose

  • Ainsi peut se faire non seulement le travail de l'encre, mais celui d'un ancrage, de l'amarre solidement fixée au perpétuel palimpseste : écrire sur l'histoire de sa propre écriture.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Bruno Cabanes et Guillaume Piketty Retour à l'intime au sortir de la guerre Des dizaines de millions de combattants ont été tués ou blessés dans les combats du vingtième siècle. Les victimes civiles, encore plus nombreuses, ont payé le prix fort de la totalisation des conflits. Fragilisés par la perte d'un être proche, par l'expérience de l'exil ou par la destruction de leur environnement, la quasi-totalité des contemporains ont vécu la guerre comme l'événement majeur de leur vie. Parfois leur espace intime avait été pris pour cible : maisons saccagées, souvenirs matériels détruits, paysages familiers rendus méconnaissables. Souvent leur corps meurtri ou affaibli trahissait la violence de l'épreuve qu'ils venaient de traverser. Au sortir de la guerre, chacun dut reconstruire, renouer tant bien que mal avec le quotidien, vivre avec les séquelles laissées par les combats et l'absence des disparus. Revenir à l'avant-guerre était impossible. Il fallut faire son deuil de tout ce que le conflit avait détruit et des rapports humains qu'il avait altérés. Faire son deuil aussi du temps exceptionnel de la guerre, de son rythme accéléré, et consentir, parfois à contrecoeur, à une forme de normalisation. Cette histoire du retour à l'intime restait à écrire. Une équipe d'historiens français, allemands et américains, réunie sous la direction de Bruno Cabanes, professeur associé à l'Université Yale (États-Unis) et de Guillaume Piketty, directeur de recherches au Centre d'histoire de Sciences Po Paris, renouvelle l'analyse des sorties de guerre, en étudiant la reconstruction des vies ordinaires, notamment au lendemain de la Première et de la Seconde Guerre mondiale.

empty