• Anna Karénine est une jeune femme belle, gaie et gracile, mariée à un haut fonctionnaire russe et mère d'un jeune enfant. Lors d'un voyage à Moscou, son regard croise celui d'Alexis Vronksi, un officier séduisant et frivole. Le coup de foudre est immédiat. Se livrant entièrement à sa passion, elle s'enfuit avec lui. Bien que vivant des jours heureux, les ombres sont nombreuses : son envie de revoir son enfant, l'opprobre foudroyant de toute la société... Et la jalousie, la destructrice jalousie.
    Regard acéré sur la société russe du XIXe siècle, Anna Karénine nous offre un aperçu des relations sociales et d'un monde des apparences, dominés par une hypocrisie dénoncée par Tolstoï. Dès sa publication sous forme de feuilleton, le roman qui met en scène la noblesse russe a remporté un grand succès et a fait l'objet de nombreuses adaptations cinématographiques.

  • Un succès mondial depuis 2009. Journal, essai autobiographique, éloge de la course à pied, au fil de confidences inédites, Haruki Murakami se dévoile et nous livre une méditation lumineuse sur ce bipède en quête de vérité qu'est l'homme. ©2011 Befond (P) Traduction Hélène Morita

  • Le monde de la jungle est bien cruel... Rejeté par une partie du Clan des Loups qui l'avait recueilli, Mowgli doit rester sur ses gardes, car Shere Khan, le tigre boiteux, a juré qu'il se vengerait du petit d'homme. Heureusement, le jeune garçon peut compter sur Akela, le chef du Clan, Bagheera, la panthère noire, et Baloo, l'ours brun, déterminés à veiller sur lui.
    Brossant une galerie de personnages à la fois attachants et terrifiants, ces trois contes initiatiques rappellent que la compagnie des bêtes n'est pas toujours moins féroce que celle des hommes.

    + Questionnaire de lecture
    + Analyses guidées
    + Groupements de textes :
    o quand les animaux parlent des hommes
    o quand les hommes ne sont plus les maîtres
    + Un livre, un film :
    o Mowgli : La Légende de la jungle d'Andy Serkis
    + Prolongement : le poème « Si» de Kipling.

  • Il était une fois un Enfant d'Éléphant trop curieux qui voulait savoir ce que mangeaient les crocodiles... Et depuis, les éléphants ont une trompe !
    Il était une fois un Chameau qui refusait de travailler... Et depuis, les chameaux ont une bosse !
    Il était une fois des histoires drôles, tendres et merveilleuses de Rudyard Kipling, des "Histoires comme ça".
    Dominique Pinon donne vie à tous les animaux, et sert avec humour et virtuosité l'imaginaire cocasse et savoureux de l'auteur.

  • Fiodor Karamazov, homme riche et détestable, est le père de trois fils légitimes au caractère très différent : le premier est orgueilleux et impulsif, le second est cultivé et engagé, le dernier est pieux et réservé. Il y a aussi un fils illégitime, cynique et hypocrite, qui travaille au service de son père.
    L'un d'eux va commettre le parricide... Mais lequel ?
    Les Frères Karamasov mêle enquête policière, liaisons amoureuses et réflexions sur Dieu, sur la vertu et sur la liberté. Proposant un questionnement philosophie et social, c'est le chef-d'oeuvre absolu de Fiodor Doestoïevski.

  • Édition enrichie de Roger Grenier comportant une préface et un dossier sur l'oeuvre.

    "Il faut représenter la vie non pas telle qu'elle est, mais telle qu'on la voit en rêve." C'est ce que proclame un des personnages de La Mouette.
    Et Tchékhov avoue que sa nouvelle pièce transgresse les lois du théâtre : 'C'est une comédie : trois rôles de femmes, six rôles d'hommes, quatre actes, un paysage (vue sur un lac), beaucoup de conversations littéraires, peu d'action, cent kilos d'amour.'
    Pourtant, quand on parle de l'oeuvre théâtrale de Tchékhov, on pense tout de suite à La Mouette. Et l'oiseau, ses ailes déployées, reste l'emblème du Théâtre d'Art de Moscou.

  • Armand Duval, jeune homme de bonne famille, s'éprend d'une courtisane à la mode, Marguerite Gautier. Mais le père d'Armand, soucieux des bienséances, persuade Marguerite de renoncer à cet amour déshonorant pour sa famille. La jeune femme se sacrifie et retourne à sa vie de demi-mondaine. Bientôt la phtisie, mal incurable, la ronge... Parmi les sujets du XIXe siècle qui ont connu le plus grand succès et la plus grande longévité, la «dame aux camélias» demeure le mythe féminin le plus populaire de l'ère bourgeoise. Ce sont les textes essentiels de ce mythe qui constituent l'objet de la présente édition. La première version en fut le roman d'Alexandre Dumas fils, La Dame aux camélias ; au roman succéda le drame homonyme du même auteur ; enfin l'opéra, La Traviata, composé par Verdi.

  • Tao Te King

    Lao-Tseu

    Depuis près de trois mille ans, le Tao-te-king, véritable manuel de vie, guide les taoïstes dans le monde entier. Avant même le bouddhisme, le livre du « Vieux Sage » a donné naissance à la pensée chinoise à travers quatre-vingt-un préceptes énigmatiques reposant sur la philosophie du non-agir.
    Jean Éracle décrypte les grands principes du tao à partir de la traduction de Stanislas Julien, orientaliste réputé du xixe siècle.

  • Dans la province du Shandong, Shangguan Lushi donne naissance à neuf enfants dont un seul garçon, Jintong, Enfant d'Or. Ce petit dernier, l'enfant gâté né d'un pasteur suédois, est un obsédé surdoué. Narrateur de cette vaste fresque de la société rurale, son attachement immodéré et obsessionnel au sein maternel l'entraîne dans des situations tragiques et burlesques. Les destins du garçon et de ses huit sœurs sont irrésistiblement liés aux aléas de l'histoire de la Chine au XXe siècle. De la résistance antijaponaise à la révolution maoïste, du Grand Bond en avant au néo-capitalisme sauvage, les femmes chinoises accordent le Ciel et la Terre. En témoignent leur ventre fécond et leurs seins adorables, leurs seins d'Immortelles qu'il faut caresser dans une transe infiniment régénérante. Tout autour du téton suprême danse la gigue des chamanes taoïstes, guerriers héroïques, bandits sauvages, bureaucrates pathétiques et commissaires politiques, vagabonds missionnaires et petits métiers, maniaques de tous bords et obsédés de tous poils, amoureuses, vieillards et nouveau-nés également obstinés à vivre, accrochés à la Terre mère, transfigurés par le génie créateur de Mo Yan. Dans le battement de l'histoire, la pulsion érotique caresse le rêve dont les oiseaux fabuleux, les dragons légendaires et les montagnes magiques gardent le secret.
    Mo Yan
    Mo Yan, né dans le Shangdong en 1955, a reçu le prix Nobel de littérature en 2012. Une douzaine de ses romans et nouvelles sont traduits en français et publiés au Seuil dont Le Maître a de plus en plus d'humour (2005), Le Supplice du santal (2006), Quarante et un coups de canon (2008), La Dure Loi du karma (2009), Grenouilles (2011) et Le Veau suivi de Le Coureur de fond (2012).

  • "Quand on parle de l'amour, il n'y a guère de réalité. Comment se manifeste-t-il, sous quelle forme, sous quelle métaphore, voilà le plus important." Haruki Murakami
    K. est instituteur. Dès leur première rencontre, il va aimer, désirer Sumire. Sans espoir de retour. Pour elle ne compte que la littérature. Mais,...
    © 2011 Belfond (P) Traduction Corinne Atlan

  • Depuis deux mille ans, les communautés d'une vaste région montagneuse d'Asie du Sud-Est refusent obstinément leur intégration à l'État. Zomia : c'est le nom de cette zone d'insoumission qui n'apparaît sur aucune carte, où les fugitifs – environ 100 millions de personnes – se sont réfugiés pour échapper au contrôle des gouvernements des plaines.
    Traités comme des " barbares " par les États qui cherchaient à les soumettre, ces peuples nomades ont mis en place des stratégies de résistance parfois surprenantes pour échapper à l'État, synonyme de travail forcé, d'impôt, de conscription. Privilégiant des modèles politiques d'auto-organisation comme alternative au Léviathan étatique, certains sont allés jusqu'à choisir d'abandonner l'écriture pour éviter l'appropriation de leur mémoire et de leur identité.
    James C. Scott propose ici une étonnante contre-histoire de la modernité. Car Zomia met au défi les délimitations géographiques traditionnelles et les évidences politiques, et pose des questions essentielles : que signifie la " civilisation " ? Que peut-on apprendre des peuples qui ont voulu y échapper ? Quelle est la nature des relations entre États, territoires, populations, frontières ?
    L'histoire de la rebelle Zomia nous rappelle que la " civilisation " peut être synonyme d'oppression et que le sens de l'histoire n'est pas aussi univoque qu'on le croit.
    James C. Scott est professeur de sciences politiques et d'anthropologie à l'université de Yale. Spécialiste de l'Asie du Sud-Est, il est notamment l'auteur de La Domination et les arts de la résistance (Amsterdam, 2009).

  • Au pouvoir depuis vingt ans, Vladimir Poutine a ouvertement annoncé son intention de replacer la Russie au centre de la politique mondiale. Sa stratégie : perturber les règles du jeu partout où il le pourra. C'est ce que montre cette enquête passionnante.

    Isolée par son intervention en Ukraine, la Russie s'est servie du conflit syrien comme d'un tremplin pour revenir en puissance dans les affaires internationales. Le chef du Kremlin use, sans complexe, de méthodes de déstabilisation hors-champ et recourt à ses réseaux de l'ombre en Europe, aux États-Unis, dans l'espace postsoviétique, en Afrique, en Asie, et jusque dans le Grand Nord. Tous les moyens sont bons : ingérence dans des élections, élimination d'opposants, pressions politiques, économiques et énergétiques, cyber-attaques, interventions militaires...

    Face à cette offensive globale, les Occidentaux, divisés, hésitants, voire bienveillants, semblent incapables de trouver une parade efficace. Moscou façonne pourtant un monde plus dur, instable et conflictuel. Un monde où le rapport de force s'impose sur la coopération, où les droits de l'homme s'effacent, où la démocratie cède devant l'autocratie. Un monde favorable aux ambitions du Kremlin que Vladimir Poutine impose par sa stratégie du désordre.

  • Débarrasser l'humanité d'un « pou » malfaisant, satisfaire son idéal de justice et s'illustrer par un geste sublime : tels sont les motifs qui poussent Raskolnikov à tuer une vieille usurière. Mais sitôt que la hache s'abat sur sa victime, l'étudiant perd la raison... Nul mieux que Dostoïevski n'a peint la déchéance d'un homme : terrifié à l'idée qu'on découvre son crime, en proie au remords, au délire et à la paranoïa, le coupable erre dans les bas-fonds de Saint-Pétersbourg, rongé par cet insoutenable secret.
    Histoire d'une plongée en enfer, Crime et châtiment (1866), qui tient à la fois du roman policier, de la fresque sociale et du récit psychologique, est l'un des chefs-d'oeuvre de la littérature russe.

  • Chien blanc et balançoire

    Mo Yan

    Au canton nord-est de Gaomi, le pays littéraire de Mo Yan, les histoires deviennent paraboles et légendes. Chien blanc et balançoire est le premier récit ainsi ancré dans sa terre, dans les souvenirs de sa jeunesse. Très vite, d'une nouvelle à l'autre, il mène son lecteur dans un monde outré, violent, souvent décalé, où le comique grossier fait, paradoxalement, surgir une étonnante finesse de sentiments. De La Femme de Commandant à Grande Bouche (la " grande gueule " de Mo Yan en jeune narrateur), il nous fait rire aux larmes, rêver, et comprendre la dure réalité de son temps.
    Mo Yan, en conteur hors pair, nous guide sur les chemins de sa terre natale dans une farandole débridée. Ces nouvelles sont le point de départ, on pourrait dire la mise en bouche, des longs romans qui suivront et du " réalisme hallucinatoire " qui a fait sa marque.
    Mo Yan, né en 1955, le plus célèbre des écrivains chinois, est aussi l'un des maîtres du roman contemporain. Son œuvre considérable, dont le Seuil a publié plus de vingt romans, nouvelles et essais, est traduite dans le monde entier.
    Le prix Nobel de littérature lui a été décerné en 2012.
    Traduit du chinois par Chantal Chen-Andro
    Chantal Chen-Andro a été maître de conférences en littérature chinoise à l'université Paris VII. Elle a traduit les poètes chinois contemporains et de nombreux ouvrages de Mo Yan, dont les grands romans Le Supplice du santal (2006), La Dure Loi du karma (2009), Grenouilles (2011) et Le Clan des chiqueurs de paille (2016).

  • Le Rêve de la femme du pêcheur d'Hokusai est l'estampe érotique japonaise la plus connue. La plus énigmatique aussi. Union de la femme et de la bête marine. Scène d'hypnose, de sexe, de vigilance animale et de volupté surnaturelle. Patrick Grainville n'aborde pas le sujet par le biais d'une biographie d'Hokusaï et d'une reconstitution de son époque. Il va droit au cœur du motif et raconte l'histoire de ce couple impossible d'amantes : femme et pieuvre.
    Au gré des péripéties très concrètes, affleure le sens de cette aventure inédite. C'est d'abord l'évocation réaliste d'une île asiatique, perdue dans la mer où vivent quelques villages de pêcheurs et de paysans au pied d'un volcan enveloppé de rizières... Allan, un naturaliste américain se livre à des recherches mystérieuses dans la forêt tandis qu'un moine géant et truculent passe de la peinture des paysages à celle des corps. Car tout commence par la révélation qui frappe un bel adolescent, voyeur aveuglé par la nudité d'une femme ... L'apparition, l'emprise de la pieuvre et de la passion naîtront de ce dévoilement de la beauté interdite et de sa profusion intime et sensuelle.

  • Kim

    Rudyard Kipling

    "Kim" is a fabulous adventure story set in India during the British Empire, around the time of the Second Afghan War. It tells the story of the street-wise orphan Kimball O'Hara, a highly moral Irish-Indian boy who becomes enmeshed in the "Great Game" (a term coined by Kipling himself) - the competition between Britain and Russia for the control over Asia. Taking time off from his role as the traveling companion of an aged Tibetan lama, the boy is trained as a spy, and matches wits with various evildoers. With this novel, Kipling takes us on a journey through the India of the early 1880s, painting a vivid picture of it, as well as of the tense political backdrop.

  • Mo Yan
    Les retrouvailles des compagnons d'armes
    Un officier rentre au village. " Sous une pluie battante, je gravis la digue de la rivière de mon pays natal. En me retournant, je vois l'arrière de l'autocar qui s'éloigne silencieusement en cahotant dans un nuage de fumée noire. Il disparaît en un clin d'œil. Aucune trace de vie humaine [...]. Une multitude de libellules aux couleurs magnifiques tourbillonnent au-dessus de la rivière. " Alors qu'il s'engage sur le pont, une voix l'appelle, du haut d'un saule, sur la rive. C'est un ami d'enfance et compagnon d'armes...
    Entre ciel et eau, de plus en plus près de la cime surplombant la rivière en crue, les deux amis évoquent leur enfance, la vie de caserne, leurs amours contrariées et les combats où la farce le dispute au tragique.
    Mo Yan est ici poète et nostalgique. Triste aussi. Et en colère, une colère éclatante, portée par une ironie féroce, contre la bêtise de la guerre et de ceux qui la mènent, et une tendresse joyeuse pour ceux qui la subissent.
    Mo Yan, le plus célèbre des écrivains chinois, est aussi l'un des maîtres du roman contemporain. Son œuvre considérable est traduite dans le monde entier. Le Seuil a publié plus de vingt romans, nouvelles et essais dont Beaux seins, belles fesses (2004), Le Maître a de plus en plus d'humour (2005), La Dure Loi du karma (2009), Grenouilles (2011) et le Clan des chiqueurs de paille (2016). Le prix Nobel de littérature lui a été décerné en 2012.
    Traduit du chinois par Noël Dutrait.
    Noël Dutrait, professeur émérite de langue et littérature chinoises à l'Université de Provence, est l'auteur d'articles et d'ouvrages sur la littérature chinoise du XXe siècle. Il a traduit, en collaboration avec Liliane Dutrait, de nombreux auteurs chinois contemporains, dont A Cheng, Su Tong, Han Shaogong, Mo Yan et Gao Xingjian.

  • Au XIIIe siècle, Marco Polo, marchand vénitien, se lance, en compagnie de son père et de son oncle, dans un grand voyage vers l'Orient à la recherche de nouvelles denrées et de nouvelles routes d'approvisionnement. Il traverse la Turquie, la Perse et surtout la Chine, où il séjourne une vingtaine d'années. Au service du Grand Khan, en tant qu'ambassadeur et gouverneur, il parcourt le pays. Observateur attentif, il décrit les paysages de l'Asie centrale, recueille des légendes, observe la vie quotidienne, les coutumes et les moeurs des peuples visités, et dresse le fascinant tableau d'un royaume où cohabitent pacifiquement diverses religions. Il évoque un pays dans lequel l'or et la soie abondent, mais où l'on utilise aussi un étrange minerai et une huile visqueuse, auxquels on donnera plus tard le nom de charbon et de pétrole. Et, surtout, il trace l'attachant portrait d'un empereur idéal, le Grand Khan Koubilaï.
    Emprisonné à Gênes, la cité rivale de Venise, il dicte en 1298 ses souvenirs à un codétenu, Rusticello de Pise. Le succès de son Livre des merveilles, connu en français sous différents titres (Le Devisement du monde, La Description du monde, Le Livre de Marco Polo) est immédiat.

  • Trois jeunes femmes cultivées, qui vivent enfermées dans un harem à Constantinople, correspondent avec un célèbre romancier français ; l'une d'elles, Djénane, en est amoureuse. Au prix de mille dangers, le héros les rencontre, et leur promet d'écrire un livre sur leur terrible condition. Paru en 1906, au sommet de la gloire de Loti, ce roman est une ode à cet Orient qui lui est si cher. Entre hier et aujourd'hui, la vie et la mort, l'occidentalisation galopante et l'Orient immuable, son récit est un portrait sensible et personnel d'une réalité complexe et tragique. Pour traduire le désenchantement moral, Loti nous offre un enchantement esthétique.

  • Le Clan du sorgho rouge nous plonge dans l'Empire chinois des années 30, à feu et à sang. Bandes armées communistes et nationalistes se vouent une haine sans merci tout en combattant, en ordre dispersé, l'envahisseur japonais. À Gaomi, au pays de Mo Yan, le grand-père du narrateur, chef des brigands du lieu, et la grand-mère, maîtresse d'une grande distillerie d'alcool de sorgho, héros flamboyants de la résistance, mènent les paysans à la bataille.
    Scènes d'amour, de frénésie et de cruauté, où l'horreur se mêle au comique, se succèdent dans cette ode à la liberté et à l'indépendance. Les villageois ne se battent que par attachement à leurs proches, à leurs héros et surtout à la terre mère. Idéologie et prestance militaire virent au grotesque. Le sang coule et inonde les champs de sorghos rouges et la rivière noire. Le soleil couvre de reflets d'or l'eau, la terre imbibée de sang, les figures des hommes ivres et emporte le lecteur dans la tempête.
    Ce livre est la version intégrale inédite de ce roman, premier succès de Mo Yan célébré pour la liberté et à la force de son style. Reçu comme une remise en cause de l'histoire autorisée des débuts du Parti Communiste , il a été sauvé de la critique officielle par son vrai héros: le petit peuple des paysans pauvres.
    Mo Yan, né dans le Shandong en 1955, est l'auteur d'une oeuvre majeure en littérature, essais et théâtre. Une quinzaine de ses romans et nouvelles sont traduits en français et publiés au Seuil dont Beaux seins, belles fesses (2004), Le Maître a de plus en plus d'humour (2005), Le Supplice du santal (2006), Quarante et un coups de canon (2008), La Dure Loi du karma (2009) et Grenouilles (2011). Le prix Nobel de littérature lui a été décerné en 2012.
    Traduit du chinois par Sylvie Gentil.
    Sylvie Gentil, née en 1958, réside à Pékin depuis 1985. Après un DEA de langue chinoise à l'Inalco, elle a étudié langue et civilisation chinoises à l'Université de Pékin de 1980 à 1982. Traductrice littéraire de métier, elle a fait connaître en français une vingtaine d'œuvres chinoises. Elle a reçu en 2010 le prix de traduction Amédée Pichot de la ville d'Arles.


  • Au creux des marais du canton nord-est de Gaomi, le clan des chiqueurs de paille a pour ancêtre mythique une pouliche et pour caractéristique son attachement à un chaume à mâcher, rouge, aux vertus singulières, mais qui le désigne comme le clan des " brouteurs ", " mangeurs de paille "" en butte à l'incompréhension, voire à l'hostilité de ses voisins. Le pays subit aussi à intervalles réguliers l'invasion de nuages de sauterelles qui dévorent le chaume, détruisant – mais jusqu'où puisque le narrateur est encore là pour le dire ? – le clan mythique. Les rêves du narrateur et de ses comparses s'enchaînent, entrecroisant les histoires, les légendes et les souvenirs, les personnes et les dieux. Six rêves où se brouillent les pistes, où le lecteur s'égare, emporté jusqu'au dénouement étrange, carnavalesque et inattendu.
    Mo Yan brise les codes de la saga classique et laisse libre cours à une imagination et à une expression multiforme de son art. Le réalisme devient le support du mythe, du rêve, de l'appréhension du monde hors de toute hiérarchie, révoquant toute autorité.
    Une folle épopée rurale jubilatoire et débridée qui s'envole jusqu'aux mystères et aux fantasmagories du mythe.
    Traduit du chinois par Chantal Chen-Andro
    Mo Yan est né dans le Shandong en 1955. Une vingtaine de ses romans, nouvelles et essais sont traduits et publiés au Seuil, dont Beaux seins, belles fesses (2004), Le Maître a de plus en plus d'humour (2005), La Dure Loi du karma (2009), Grenouilles (2011) et Le Clan du sorgho rouge (2014).
    Le prix Nobel de littérature lui a été décerné en 2012.
    Chantal Chen-Andro a été maître de conférences en littérature chinoise à l'université Paris VII. Elle a traduit les poètes chinois et de nombreux romans de Mo Yan, notamment Le Supplice du santal (2006), La Dure Loi du karma (2009) et Grenouilles (Seuil, 2011).
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  • Depuis sa création en 1841 par les Britanniques, le « port parfumé » est devenu un mythe, symbole fascinant de la rencontre entre l'Orient et l'Occident. Cette terre fut aussi un lieu perpétuel de confrontations et de résistances pour les rebelles de tout bord. Alors qu'un vent de révolte souffle et que l'étau chinois se resserre, François Bougon nous éclaire sur Hong Kong, dont la liberté est plus que jamais mise à l'épreuve.
    Des pirates aux guerres de l'opium, en passant par les mouvements des dockers, le renversement des Qing par Sun Yat-sen, la prise de guerre japonaise, les réfugiés politiques chinois fuyant le communisme, l'ex-colonie britannique - terre de sept millions d'habitants et troisième place financière mondiale - a toujours eu une vie mouvementée aux marches de l'empire. Aujourd'hui, elle tente de se dresser contre l'emprise de la Chine de Xi Jinping.
    Le territoire aurait pourtant dû bénéficier jusqu'en 2047 d'un haut degré d'autonomie. Mais la loi sécuritaire votée par le régime en juin 2020 sonne le glas du principe « un pays, deux systèmes » imaginé par Deng Xiaoping et Margaret Thatcher. Elle menace l'identité de sa jeunesse, ses libertés et ses aspirations démocratiques. Le monde a désormais les yeux rivés sur le sort de Hong Kong, enjeu d'une nouvelle guerre froide entre Pékin et Washington.
    Il était temps de raconter l'histoire de cette belle insoumise.

  • Dragon

    Thomas Day

    Bangkok. Demain.
    Le régime politique vient de changer.
    Le dérèglement climatique global a enfanté une mousson qui n'en finit plus.
    Dans la mégapole thaïlandaise pour partie inondée, un assassin implacable s'attaque à la facette la plus sordide du tourisme sexuel. Pour le lieutenant Tannhäuser Ruedpokanon, chargé de mettre fin aux agissements de ce qui semble bien être un tueur en série, la chasse à l'homme peut commencer. Mais celui que la presse appelle Dragon, en référence à la carte de visite qu'il laisse sur chacune de ses victimes, est-il seulement un homme ?
    « On le voit, contrairement à Antoine Volodine qui prône le post-exotisme, fondé sur la subversion de l'idée même d'Auteur, Thomas Day s'avère le tenant du pur-exotisme où l'écrivain s'affirme tel un vengeur masqué à l'assaut des tares de l'Humanité. »
    Philippe Curval

  • En 2008, à la mort de sa femme Meitang, Rao Pingru entreprend de conjurer le deuil par l'encre et l'aquarelle en retraçant, in memoriam et en dessin, le destin de sa famille. Dans son appartement shanghaïen, le vieil homme se souvient du sel des jours qu'il a partagés avec Meitang et de leur vie rythmée par les battements d'une Chine en ébullition.
    De sa petite enfance à son mariage avec celle qui porte aux lèvres " une touche d'écarlate ", de son engagement militaire lors de la guerre contre le Japon à son internement dans un camp de rééducation où il resta vingt ans, de l'établissement de sa famille à Shanghai à la maladie de son épouse, Rao Pingru restitue dans cette histoire les jours de fête comme les jours difficiles et livre une œuvre qui ne ressemble à aucune autre, une vie dessinée à l'échelle de la Chine.
    À chaque page d'un récit à la fois tendre, grave et poétique, la petite et la grande histoire, la voix unique de Rao Pingru et la marche des évolutions politiques du pays se rejoignent, donnant à lire un témoignage fort sur la vie des héros ordinaires de la Chine du siècle passé ainsi qu'une magnifique histoire d'amour.
    Tour à tour soldat, comptable et éditeur, RAO Pingru est devenu peintre et écrivain à l'orée de ses quatre-vingt-dix ans. Sa sagesse, son style simple et vif, son talent d'illustrateur en font un auteur inclassable.
    Traduit du chinois par François Dubois

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