FeniXX réédition numérique (Messinger)

  • "Claude Lévi-Strauss expliquerait très aisément et très bien qu'il n'est pas bon de secouer les coutumes des vieilles tribus. Qu'est-ce que les membres de l'Académie française, sinon les derniers survivants d'une très ancienne tribu à qui l'État-providence permet encore de se promener le long de la Seine avec des plumes sur la tête ?" écrivait le 8 mars 1980, dans le Figaro-Magazine, Jean d'Ormesson, académicien lui-même. Accrédité au quai Conti par un grand quotidien du matin, Jacques Jaubert a étudié pendant de longues années les moeurs et coutumes étranges des survivants de la "très ancienne tribu". Défenseurs du français, ils travaillent - une heure par semaine - à un dictionnaire que l'on ne voit jamais. Voués à l'immortalité, ils ne cessent de faire l'éloge de leurs morts. "Sirènes à queue verte" selon Jean Cocteau, ils n'attirent les candidats que pour mieux les faire lanterner. À moins qu'ils ne soient ducs, hommes politiques, à la rigueur cardinaux. Des "mots" cruels et des anecdotes significatives illustrent cette satire d'une compagnie à laquelle pourrait s'appliquer cette définition de Mme de Linauge : "Les académies sont des sociétés comiques où l'on garde son sérieux".

  • Que sait-on d'Annabel Buffet ? Elle est une figure du Saint-Germain-des-Prés de la grande époque, quand elle partage les fêtes de jeunes gens inconnus nommés Orson Welles, Boris Vian, Simone Signoret, Mouloudji ; une chanteuse qui connaît le succès, en interprétant Queneau et Prévert ; un symbole des nuits mouvementées de Saint-Tropez ; elle est enfin, depuis vingt-sept ans, la femme de Bernard Buffet. Elle est aussi, pour les premières pages des magazines, une brillante noctambule, vivant au gré de soirées très alcoolisées. Mais, il y a deux ans, en décidant de cesser de boire, Annabel a fait voler cette image en éclats. Alors, elle a commencé à écrire ce livre à travers la terrible épreuve de la désintoxication, du manque, de l'envie lancinante de renouer avec l'alcool. À mesure qu'elle nous décrit, avec une impitoyable lucidité, sa convalescence, elle tente de se retrouver, de comprendre comment elle a commencé à boire à quinze ans. Elle revit les déchirures de son enfance, le suicide de sa mère alors qu'elle avait huit ans ; la guerre, qu'elle traverse en se cachant parce qu'elle est juive, tandis que son père a fui aux États-Unis... De ce périlleux voyage intérieur, Annabel sortira victorieuse. Et, avec ses amis, ses enfants, et surtout Bernard Buffet, elle saura pourquoi, deux ans auparavant, elle a fait le pari de vivre D'amour et d'eau fraîche.

  • Si le don de voyance est, depuis toujours, réservé à quelques-uns - qu'ils se soient appelés devins, mages, médiums ou, aujourd'hui, extra-lucides - il n'en est pas moins vrai que chacun peut accéder à la divination au moyen de supports tels que les tarots, le marc de café, etc.. Encore faut-il être initié aux règles qui permettent de les interpréter sans erreur. Madame Indira pratique la voyance depuis son enfance. Personnalités et hommes politiques du monde entier viennent la consulter. Pour la première fois, elle a accepté de confier à Joëlle Ilous sa méthode, et quelques-uns de ses secrets. Grâce à ce livre très complet, riche de conseils pratiques, d'exemples et d'illustrations claires et parlantes, vous pourrez découvrir, sans intermédiaire, votre propre avenir et celui de vos amis.

  • Que sait-on d'Annabel Buffet ? Elle est une figure du Saint-Germain-des-Prés de la grande époque, quand elle partage les fêtes de jeunes gens inconnus nommés Orson Welles, Boris Vian, Simone Signoret, Mouloudji ; une chanteuse qui connaît le succès, en interprétant Queneau et Prévert ; un symbole des nuits mouvementées de Saint-Tropez ; elle est enfin, depuis vingt-sept ans, la femme de Bernard Buffet. Elle est aussi, pour les premières pages des magazines, une brillante noctambule, vivant au gré de soirées très alcoolisées. Mais, il y a deux ans, en décidant de cesser de boire, Annabel a fait voler cette image en éclats. Alors, elle a commencé à écrire ce livre à travers la terrible épreuve de la désintoxication, du manque, de l'envie lancinante de renouer avec l'alcool. À mesure qu'elle nous décrit, avec une impitoyable lucidité, sa convalescence, elle tente de se retrouver, de comprendre comment elle a commencé à boire à quinze ans. Elle revit les déchirures de son enfance, le suicide de sa mère alors qu'elle avait huit ans ; la guerre, qu'elle traverse en se cachant parce qu'elle est juive, tandis que son père a fui aux États-Unis... De ce périlleux voyage intérieur, Annabel sortira victorieuse. Et, avec ses amis, ses enfants, et surtout Bernard Buffet, elle saura pourquoi, deux ans auparavant, elle a fait le pari de vivre D'amour et d'eau fraîche.

  • Si le don de voyance est, depuis toujours, réservé à quelques-uns - qu'ils se soient appelés devins, mages, médiums ou, aujourd'hui, extra-lucides - il n'en est pas moins vrai que chacun peut accéder à la divination au moyen de supports tels que les tarots, le marc de café, etc.. Encore faut-il être initié aux règles qui permettent de les interpréter sans erreur. Madame Indira pratique la voyance depuis son enfance. Personnalités et hommes politiques du monde entier viennent la consulter. Pour la première fois, elle a accepté de confier à Joëlle Ilous sa méthode, et quelques-uns de ses secrets. Grâce à ce livre très complet, riche de conseils pratiques, d'exemples et d'illustrations claires et parlantes, vous pourrez découvrir, sans intermédiaire, votre propre avenir et celui de vos amis.

  • Ils valsent plus ou moins vite, les ambitieux, dans la chaîne de télévision où règne, tout-puissant, Bertrand Bourgoin. Certains se croient même tout à fait à l'abri, comme Jeff Sterne, dont le magazine est la caution morale de la station. Seul le préoccupe « son » sujet : une jeune réfugiée roumaine qui a fui le régime de Ceausescu et risque d'être renvoyée dans son pays. Mais c'est oublier Ferry, l'exécuteur des hautes oeuvres, Renaudin, le Iago de service, Caroline, la favorite du président... Foire aux vanités, agitation dérisoire, guérilla entre moquettes et fauteuils de cuir : l'ironie du ton employé par l'auteur ne masque pas l'essentiel. Par amour, Sterne quitte le camp des observateurs. Sera-t-il capable, pour sauver Sylvia, de surmonter l'humiliation d'avoir été mis au placard ? Cette Chaîne est-elle vraiment pire que d'autres ? Aux yeux de Sterne, elle s'est mise à fonctionner à l'image d'un pays totalitaire. Voulant améliorer l'audimat, Ferry n'a-t-il pas lancé, dans une impayable envolée lyrique : « Nous saurons nous passer des intellectuels ! »

  • Les femmes nées avec ce siècle sont passées de la lampe à pétrole à l'informatique, elles ont vécu deux guerres, le développement industriel, l'avènement du vote des femmes, l'invention des congés payés et des lois sociales, l'arrivée de la télévision et le voyage vers la lune. À la ville, à la campagne, à l'usine, à la maison, c'est leur travail qui a bâti le monde où nous vivons et elles sont pourtant, le plus souvent, les oubliées de l'Histoire. C'est à elles que Christiane Germain et Christine de Panafieu ont donné la parole.

  • « Tu peux venir ? » Je n'hésitai pas un instant. Je pris l'adresse de la rue de Berne et, le coeur sautant dans ma poitrine comme celui d'un fiancé, je laissai ma mère à son concert et me jetai dans un taxi. Je me foutais bien de savoir ce que pouvait sous-entendre ce rendez-vous précipité, je reconstituais déjà un portrait auquel il ne manquait bizarrement que le visage mais aucun des détails qui avaient, j'en prenais conscience, tatoué ma mémoire à jamais : la qualité du torse entrevu dans l'estuaire de la chemise de jean, les longues mains fébriles, les coups de pouce d'un dieu coiffeur autour de l'oreille, au creux de la nuque, le cou si long et si fragile, à l'égal des jambes et des cuisses, les fesses hautes, le : « Alors, rien ? Pas même un câlin ? » sortant d'une bouche dont je me rappellerai le dessin dissymétrique, presque impossible à « attraper » quand je tenterai - plus tard - de le fixer dans un croquis. C'est peu dire que j'étais amoureux : j'aurais donné un bras, ma vie, mon âme à l'inconnu qui venait de resurgir dans le néant de mon existence. Plus tard, je noterai dans mon carnet, à la date du vingt octobre, sous le prénom de Chérif, ces mots dont je ne comprendrai pas vraiment la fatalité : début de la Passion selon Peter.

  • Dans la vie, on perd toujours quelque chose. C'est parce que Gauvin est à la recherche de ses bretelles, trésor inestimable, qu'il monte dans l'autocar en partance pour le Bureau des objets trouvés. Le véhicule brinquebalant conduit six autres passagers, qui ont tous leurs raisons, bien différentes, pour entreprendre le voyage de Saint-Chinéard. Et lorsque l'autocar tombe en panne en rase campagne, le voyage devient expédition, au point que l'on vient à douter de l'existence du Bureau. Ils parviennent pourtant à Saint-Chinéard et découvrent une citadelle labyrinthique où s'amoncellent tous les objets imaginables. Comment, dès lors, ne penseraient-ils pas y trouver ce que chacun d'eux recherche, et comment se laisseraient-ils inquiéter par les pièges et la menace des parapluies sauvages ? Aucun d'entre eux ne s'arrêtera en effet, car il est aussi inéluctable de chercher que de perdre. Et si la quête à laquelle nous convie Bruno Bontempelli passe du réalisme à la légende, celle-ci n'apparaît que pour accroître encore la richesse de ce roman et la précise beauté de l'écriture.

  • ... Mais non, la première manifestation de la montée des périls et de la fatalité de la guerre, ce ne fut ni l'incendie du Reichstag, ni la réoccupation de la Ruhr, ni l'annexion de l'Autriche par Hitler, mais bien ce match de football du 17 mars 1935 où la formation teutonne a écrasé l'équipe de France, devant les 40 000 spectateurs pétrifiés du Parc des Princes. À preuve, cette réflexion d'une spectatrice accablée, après le coup de sifflet final : « Enfin... heureusement qu'on a la ligne Maginot ! » Façon de voir les choses, à ras des pâquerettes, ou bien exactitude du bon sens ? À ceux qui détestent les romans, on dira que ce livre n'est pas exactement un roman ; à ceux qui n'aiment pas les chroniques, on objectera qu'il ne constitue pas précisément une chronique ; à ceux qui haïssent les mémoires, on proclamera que, justement, il ne s'agit pas là de simples mémoires ; mais à tous ceux que passionnent les romans, les chroniques et les mémoires, on ose affirmer que ce livre est tout ceci à la fois.

  • C'est dans une clinique du quatorzième arrondissement qu'Olivier Dazat s'extrait à regret du ventre de sa mère. Nous sommes le 6 mai 1957. Quelques petites années plus tard, il découvre son père - un homme en lequel il avait toute confiance - entre les bras de sa génitrice. Les psychanalystes appellent cela la scène primitive ; pour l'auteur c'est un camouflet, sa première déception sentimentale. Jamais il n'avait imaginé de telles relations entre ses parents qui d'ordinaire se vouvoyaient à table. Adolescent, Olivier Dazat propose des histoires d'amour sérieuses et bien construites à des jeunes filles diaphanes et racées. C'est l'échec. Sa démarche maritale se clôt sur des étreintes épisodiques. Car que découvre-t-il autour de lui ? Des moeurs relâchées, des femmes scandaleusement libérées, de la nubile sournoise en jupe courte à la femme mûre en robe fendue débauchant de robustes étudiants dans les facultés. Assez ! s'écrie le malheureux garçon. Il prévient la gendarmerie, alerte Michel Droit et Jean Cau. Aucune réponse, malgré une enveloppe timbrée jointe à sa demande. Alors il ne lui reste plus qu'à exécuter ces vingt et un récits vengeurs et moralistes, dressant l'inventaire des perversions de notre temps. Pointant une plume acérée comme l'index accusateur d'un père-la-pudeur, dans un style jamais aussi précieux que lorsqu'il décrit l'innommable, l'auteur met en scène un petit monde miné par la névrose et gagné par la régression infantile : un slave mongoloïde et une étudiante en histoire de l'art, une star de film porno et un érudit balzacien, une grande bourgeoise de province et un épicier disgracieux, un pédophile en hiver et un prince charmant amoureux d'une caissière de supermarché.

  • Comment, après avoir combattu les Iroquois, après avoir été. adopté comme mari chasseur par une belle et farouche Indienne, après s'être gagné l'inimitié des trafiquants de peaux, Jean-Vincent d'Abadie, enseigne au régiment de Carignan, fut envoyé par le Roi Soleil défendre l'Acadie contre les raids des Bostoniens, contre les pillages des pirates, avec pour toutes ressources son goût de l'aventure et sa connaissance des Indiens, encore appelés Sauvages. Et comment Jean-Vincent d'Abadie, baron de Saint-Castin, devint le chef des Abénakis, l'Orignal d'Europe pour ses compagnons de lutte, le Baron Sauvage pour ses ennemis. Et comment le Baron Sauvage établit sur la côte du Maine un poste français qui, pendant plus de vingt ans, défia la puissante Angleterre et qui, aujourd'hui encore, est nommé Castine.

  • 130 ans de colonisation, 20 ans de révolte, 8 ans de guerre pour aboutir à ce qui a été vécu comme une accession à l'unité par les Algériens, comme un arrachement et un abandon par les Français d'Algérie - ces temps ont inscrit dans l'histoire étroitement mêlée de nos deux pays des douleurs profondes et attisé des malentendus. 20 ans après, on peut enfin écrire l'Histoire. Pour la première fois, un « chef historique » de la révolution algérienne parle, nous livre ses souvenirs, ses réflexions et ses analyses. Enfant des hautes montagnes du Djurdjura, Hocine Aït Ahmed connaît la vie misérable des paysans de Kabylie et les premiers défis à l'administration française qui lui valent, à 11 ans, une journée de prison. En 1942, à 16 ans, il adhère au Parti du Peuple Algérien (PPA) dirigé par Messali Hadj, et, dès lors, ne cesse de lutter pour la libération de son pays. Il entre dans la clandestinité - il fut, pendant deux ans, à la tête de l'Organisation Secrète (OS) qui, en 1949, comptait déjà 2 000 hommes dans ses rangs -, puis est contraint à l'exil au Caire, avant de créer le bureau du FLN à New York et d'être arrêté en même temps que Ben Bella, Boudiaf, Khider et Lacheraf dans le fameux détournement d'avion. Dans ce premier tome, Hocine Aït Ahmed n'esquive pas les problèmes politiques : luttes intestines, manoeuvres électorales, mais avant tout il fait revivre le souffle patriotique qui animait la jeunesse algérienne au travers d'épisodes tels que l'attaque de la poste d'Oran, l'affaire des maquisards de Kabylie, la liquidation des « milices noires » et tant d'autres.

  • Séverine a 13 ans - « presque 14 ! » - et vit sans difficultés exceptionnelles le passage à l'adolescence, protégée par la tendresse et l'amour de sa mère. Claire a 34 ans et, journaliste connue, elle assume sans difficultés exceptionnelles le secret de la naissance de sa fille et ceux qu'elle conserve sur sa propre enfance. Et puis survient Mathieu. Mathieu qui exige tout parce qu'il a été privé de tout, Mathieu le désordre et la passion, Mathieu la fête, Mathieu qui fait voler en éclats les réserves et les assurances de Claire, Mathieu l'intrus que Séverine refuse. Dans ce roman à trois voix, à trois vérités, les lecteurs de D'amour et d'eau fraîche retrouveront le talent d'Annabel Buffet et son audace pour dévoiler, avec tendresse et humour, les beaux mensonges, ceux que l'on se raconte à soi-même.

  • Un roman de moeurs où l'amour se mêle à l'argent, le vice à la morale, la religion à la sexualité.

  • « L'aéroport de Valence est plus petit, moins grouillant de gens pressés et plus sale que celui de Barcelone. Je cherche des yeux ce qui pourrait être une jeune Suisse d'environ vingt ans, avec l'espoir qu'elle n'est pas repartie hier chez elle parce que l'avion n'arrivait pas. Je vois plein de femmes en noir, avec des rides dans tous les sens sur leurs visages préoccupés. Je vois des couples surchargés d'enfants. Je vois des hommes seuls, visages fermés sans aucun sourire, ou en groupes exubérants. Elle est repartie à Javea. J'ai une envie folle de pleurer, de m'asseoir par terre, d'enlever mes chaussures, et d'oublier ma vie. Au moment où je vais le faire, je vois tout à coup une robe jaune, affreusement jaune, si jaune parmi toutes ces femmes en noir que c'est presque de la provocation. C'est une robe pauvre et étincelante, une robe qui crie : Regardez-moi ! Cette robe traverse la foule comme si celle-ci n'existait pas. C'est une robe seule au monde, elle s'approche de moi et la femme qui est dedans me dit : - Bonjour, je m'appelle Rocio. Avec un effort infini j'arrive à répondre : - Bonjour, je m'appelle Laurence. » Laurence, le personnage de L'Enfant des Terres Rouges, a 15 ans et toujours autant d'amour à donner, autant d'amour à attendre, autant d'espoir.

  • Lorsque, ce mardi 6 juin, le jeune Michel Legrand arrive au Conservatoire de musique pour passer le concours de piano, il espère bien que ce jour sera important, peut-être même mémorable ! Lorsque, ce mardi 6 juin, Yvette déboule dans la vie de Michel et de sa mère, Marcelle, le très jeune homme comprend aussitôt que cette tornade brune, menteuse, irrésistible et soudainement fragile va les entraîner bien au-delà de leur destination. Roman vrai ? Autobiographie rêvée ? Cette épopée à bicyclette, que Michel Legrand a tournée comme metteur en scène, est peut-être, tout bonnement, une première histoire d'amour, un vélodrame qui débute par un scherzo de Chopin pour s'achever sur un blues déchirant.

  • La Danse des sept voiles, c'est cet épisode de la Bible où Salomé vampe le roi Hérode pour obtenir la tête de Jean-Baptiste sur un plateau d'argent. Pour Paula Callisti, jeune fille de province qui rêvait d'être une artiste, le rôle est fatal : en arrachant le septième voile, elle s'écroule morte sur la scène de l'Espace Parallèle. Drôle de spectacle que celui de Paula : un groupe pop tient lieu de choeur antique, le grand prêtre est joué par un ivrogne lubrique, et Jean-Baptiste tenu en laisse par un bourreau armé d'une tronçonneuse. Si Jonas Herzog, ex-brocanteur devenu détective à cause de soucis d'argent, enquête sur la mort de Paula, il explore aussi le milieu de l'art moderne, des peintres délirants, des punks macabres, des exaltés de la vidéo artistico-porno ; toute une faune douteuse, tour à tour comique ou effrayante, mégalomane et paumée. Et les coulisses de cette avant-garde ne sont pas non plus très rassurantes : il y a Grandet, directeur de l'Espace Parallèle et surtout voleur d'objets d'art ; Bricqueville, mécène de La Danse des sept voiles, homme politique connu pour son amitié avec Castro, mais beaucoup moins pour ses liens avec Fernando et Chico, dealers, tueurs, et même à l'occasion révolutionnaires pour le compte du Sentier Lumineux péruvien. Que trafique tout ce joli monde ? Des antiquités, des armes, de la cocaïne ou encore des snuffs, ces films sado-maso dont les acteurs meurent avec un réalisme plus que parfait... On peut se demander ce que Claude Torey, artiste vidéo, a puisé dans la réalité ou dans son imagination pour faire vivre avec une telle verve le milieu artistique. Deux éléments, en tout cas, ne sont dus qu'à son talent de romancière : un suspense sans faille qui nous entraîne de la première à la dernière page ; et l'invention de Jonas Herzog, détective homosexuel décontracté, cynique et charmeur, un personnage insolite, étonnant... à suivre absolument.

  • La Blonde Platine, c'était, dans les années cinquante, Mia Dorée, la star adulée des grands films d'Hollywood qui, un jour, disparut sans que l'on sache si elle s'était suicidée ou si elle avait fui le cinéma. La Blonde Platine, c'est, aujourd'hui, le film que veut tourner la Continental sur cette vedette mythique et, pour ce faire, elle demande à Charles Leroy d'en écrire le scénario. La Blonde Platine a été le grand amour de Charles Leroy lorsque, jeune Français installé à Hollywood, il a voulu se lancer lui-même dans le cinéma, avant de comprendre qu'il avait plus de talent comme astrologue et comme médium que comme acteur. Et s'il accepte finalement cette proposition, c'est à la fois pour rendre hommage à Mia Dorée, pour tenter de résoudre le mystère de sa disparition et - de menaces en révélations, d'enquêtes en crime - pour apprendre quelle était la vraie femme si bien dissimulée sous la flamboyance des projecteurs. Pour son premier roman, Michaël Delmar nous entraîne - et avec quelle passion ! - dans les deux univers qu'il connaît le mieux : le cinéma avec ces vedettes que l'on appelle des stars parce qu'elles scintillent dans notre imaginaire ; et le monde de l'astrologie, très souvent associé au précédent car lui aussi permet d'appréhender une dimension plus vaste.

  • Au tout début du temps, il y eut des hommes qui s'appelèrent les Arawaks. Pour survivre, ils traversèrent la grande eau et s'établirent entre mer et forêt, guettant les incursions des bandes de chasseurs de femmes, passant du clan à la tribu, apprenant à inventer leurs dieux. Vint un temps où un garçon et une fille s'enfuirent pour être seulement l'un à l'autre et prirent le nom de Quelenes, le Grand Ara qui protégea leur course vers les hautes plaines. Ce fut le temps des découvertes et de l'installation, ce fut le temps des premières cultures, mais ce fut aussi le temps des premières résistances aux envahisseurs de pierre, les Mayas et les Aztèques mexicas avec leurs dieux bien plus lourds que le Grand Ara. Et puis vint le temps des guerriers de fer au Dieu unique et féroce. Vint le temps de l'esclavage et de l'humiliation, vint le temps de la peur et de la grande révolte. Vint alors le temps des Chamula, le temps de la mémoire. Ce roman est tout ensemble la révélation d'un écrivain et la révélation d'une civilisation. Aujourd'hui encore, tandis que les Aztèques et les Mayas ont disparu, les Indiens Chamula vivent dans le Chiapas, les hautes plaines du Mexique, mais nul ne connaît précisément leurs origines.

  • Au moyen de tests, l'auteur aborde toutes les difficultés que doivent affronter les parents un jour ou l'autre et propose des solutions.

  • 1797. L'Europe entière croit en l'étoile de Bonaparte qui mène à la conquête de la liberté les Soldats de la Révolution. À Francfort, Élisabeth Bethmann, héritière d'une des plus puissantes banques protestantes, participe avec exaltation à cette épopée où tout paraît possible : la gloire, l'amour, la passion. Encouragée par les mouvements d'émancipation qui secouent l'Europe, amie et, souvent, égérie des grands hommes de l'époque - Beethoven, Goethe mais aussi les Rothschild qui commencent leur ascension, Metternich, Chateaubriand, etc. - Élisabeth n'hésite pas à braver les conceptions morales, sociales, politiques et religieuses de son milieu. Veuve à 23 ans, elle se veut libre d'aimer et libre d'affronter le scandale pour rejoindre, dans sa prison, celui qu'elle aime... Avec Élisabeth, Sarah Frydman ouvre le premier volet de La Symphonie du Destin par le récit tout à la fois romanesque et historiquement rigoureux de la vie d'une femme passionnée, dont la fille deviendra la compagne de Franz Liszt et la petite fille, l'épouse de Richard Wagner.

  • C'est une véritable conjuration qui, dans cette maison jaune cachée en Provence, tente de convaincre Maxime que sept ans après, elle peut et doit remonter sur scène, oublier les déceptions du cinéma, la mort tragique de son musicien accompagnateur, la dépression, l'alcool, la solitude, pour retrouver la seule souffrance qui vaille, cette panique derrière le rideau qui va s'ouvrir, cet éblouissement devant une salle qui attend et, peut-être, ce silence qui précède les applaudissements quand l'émotion transmise par la chanteuse est authentique. Le premier des conjurés est Louis, l'imprésario voué à Maxime au point, souvent, d'en oublier qu'il aime Nicole et risque de la perdre en l'obligeant à participer à cette conjuration. Le second est Mario, qui accepte de quitter son théâtre pour consacrer tout son talent à Maxime. Seulement, il y a Maxime, Maxime qui doit vivre avec ses souvenirs et ses remords, ses frayeurs, réelles ou feintes et - surtout - sa passion pour Rémy, le trop jeune et trop tendre musicien engagé pour les répétitions. Roman d'amour et de ferveur, ce nouveau livre d'Annabel Buffet, qui fut elle-même chanteuse, n'est pas par hasard un hommage à ces saltimbanques dont on voit briller strass et paillettes et qui dissimulent leurs blessures pour que, à les écouter, le rêve soit plus long que la nuit.

  • Écouter la voix de la Révolution, entrer en conversation avec nos pères, voilà ce que nous permet ce livre qui ne ressemble à aucun autre. Les archives des commissaires-enquêteurs au Châtelet de Paris ont été systématiquement exploitées par Michel Bloit et Pascal Payen-Appenzeller. Ils se sont intéressés à 1789, l'année du passage, et ont étudié les affaires publiques ou privées, importantes ou sans grande portée apparente, qui montrent comment le vent de l'histoire souffle dans les rues, les maisons, et sur la vie des communautés et des individus. À côté des révélations concernant les émeutes du faubourg Saint-Antoine, vous découvrirez les suites, macabres ou insolites, de la journée du 14 juillet, vous y verrez la démocratie à l'oeuvre, à Paris et en banlieue. Une galerie de caractères, de la saveur dans le langage et dans les gestes, un livre goûteux qui montre la Révolution à la fois dans ses aspects les plus concrets et les plus symboliques à travers une série d'enquêtes en forme de nouvelles, Les Mystères de Paris en l'an 1789 vous invitent au spectacle de l'histoire.

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