Arthaud

  • Amoureux de la France, Stevenson va la découvrir du Nord au Sud et publier ainsi deux récits de voyage, en 1878 et 1879.
    En canoë sur les rivières du Nord reste aujourd'hui bien moins connu que Voyage avec un âne dans les Cévennes, il a pourtant le même charme, les mêmes qualités. Accompagné d'un ami, l'écrivain embarque le lecteur à Anvers pour le mener à Pontoise. Sous sa plume, on découvre la poésie de l'Oise et l'on se prend à rêver d'une vie de bohème sur l'eau.
    Lorsqu'en 1879, il parcourut à pied les deux cents kilomètres du Monastier à Saint-Jean-du-Gard avec pour toute compagne une ânesse aussi têtue que le veut l'adage, Stevenson pouvait-il se douter qu'il ouvrait un chemin qui porte aujourd'hui son nom ? Les émules ont été nombreux depuis à suivre ses pas... Et si beaucoup transportent au fond de leur sac le récit que l'écrivain a tiré de ces quinze jours d'aventure, là n'est pas la seule raison du succès de ce texte, qui mêle sens de l'observation et sens de l'humour, descriptions de paysages et instants de vie saisis sur le vif.

  • En 1956, Joseph Kessel approche les soixante ans. Devant cet écrivain et journaliste reconnu, les patrons de presse et les éditeurs consentent aux projets de reportages les plus audacieux. Saisi par un désir d'Afghanistan, il se revoit à Orenbourg : dans le grand magasin de son grand-père, où passaient des caravaniers venus de Samarcande, Tachkent, Mazar-y-Chérif. Cela fait longtemps que l'Afghanistan est devenu la patrie de ses rêves, celle de l'enfance évanouie. Kessel veut découvrir ce pays.
    Ce qu'il fera du voyage ? Des images, des notes... Accompagné d'une équipe de tournage dont le jeune Schoendoerffer fait partie, Kessel est saisi par ce qui sera le sujet de son aventure : le bouzkachi, sport national, affrontement de centaures où l'homme et le cheval ne font qu'un. Un jeu à la mesure du géant Kessel.
    Le Jeu du roi est le journal de cette expédition afghane, un récit et un hommage à ce pays irréductible.

  • Voyage en orient

    Flaubert/Du Camp

    En 1849, Gustave Flaubert, 28 ans, s'ennuie à Croisset. Pour vaincre sa mélancolie, on lui conseille l'Orient. D'autres avaient effectué ce fabuleux voyage avant lui. Lord Byron en 1809 ; Chateaubriand en 1821 ; Lamartine en 1832. Flaubert veut suivre leurs traces et leur exemple. C'est en compagnie de son ami Maxime Du Camp qu'il accomplit le grand voyage de sa vie (1849-1851). Rien de commun avec le tourisme d'aujourd'hui : une croisière sur le Nil dure à l'époque quatre mois et demi.
    Cette expédition de deux écrivains a inspiré deux oeuvres : Le Nil, dédié à Théophile Gautier, dans lequel Du Camp, sans jamais nommer Flaubert, s'attache à une description précise des pays, monuments et personnes qu'ils ont visités. Flaubert, dans son Voyage en Orient, retranscrit plutôt les ambiances, les couleurs et les émotions éprouvées.
    Ces deux récits mythiques, en dépit de leurs différences, témoignent tant chez Flaubert que chez Du Camp d'une aventure initiatique qui marque la fin de leur jeunesse.

  • Dans les années 30, le Proche-Orient est le nouveau terrain d'affrontements entre les grandes puissances coloniales, avides de maîtriser la manne pétrolière indispensable au développement économique.
    Joseph Kessel et Xavier de Hauteclocque, grands reporters en vogue, partent explorer ces terres sauvages et archaïques, marquées par l'islam et ses moeurs millénaires.
    Cet ouvrage présente deux récits d'enquêtes et d'aventures exceptionnels. Marchés d'esclaves de Joseph Kessel nous entraîne entre la corne de l'Afrique et l'Arabie, où se pratique encore la traite négrière. Le Turban vert de Xavier de Hauteclocque, sous le prétexte d'un pèlerinage à La Mecque, révèle la vie quotidienne en Arabie sous le règne des Séoud.

  • Au Maroc

    Pierre Loti

    En février 1889, à 39 ans, c'est en tant que membre d'une mission diplomatique que Pierre Loti s'embarque pour un périple en terre marocaine.
    Auteur et journaliste à succès, il retrace dans ce journal le parcours de la caravane ministérielle française qui, d'Oran à Fès, sillonne les territoires des tribus bédouines au rythme des fantasias et des mouna.
    Sur place, alors que la délégation, cloîtrée dans les appartements luxueux du sultan, est tenue d'assister aux cérémonies officielles, Loti profite d'une petite maison mise à disposition par un ami pour partir à la découverte de la ville sainte. Son goût du costume lui permet de se fondre dans les rues tortueuses et encombrées pour approcher ce « Maroc intime » qui le fascine tant par l'intemporalité et le mysticisme religieux qui y règnent.
    Refusant de tomber dans des considérations politiques, Loti prend plaisir à surprendre le lecteur contemporain en laissant transparaître son amour pour ces terres d'Islam qui ont su préserver un idéal d'absolu et résister aux « choses nouvelles » de la civilisation européenne.

  • Auteur prolixe, Pierre Loti, au fil de ses nombreux voyages, a tenu scrupuleusement son journal, qui lui fournissait la matière indispensable à la rédaction de ses grands romans. Il a aussi inondé les grands journaux de son temps d'articles, reportages, prises de position, discours, voire philippiques enflammées, innombrables.

    Pour notre intégrale des Voyages de Loti, six volumes parus depuis 2012, demeurait toute une matière, textes courts, récits brefs, rapides escales où cependant, avec son oeil kaléidoscopique, Loti voit tout, comprend tout et le raconte avec son génie coutumier. Il eût été dommage d'en priver le lecteur. Voici donc une collection de ces « choses vues », comme disait Loti, de ses « impressions de voyages ». Accompagnons-le au Monténégro, à Obock, aux États-Unis, à Séoul, à Mascate, entre autres, avec la même ferveur.

  • Les trois romans de montagne de Frison-Roche sont réunis dans ce volume - genre qui fit sa notoriété. Trois histoires de dépassement de soi, de passion, de fraternité.
    Premier de cordée, écrit et adapté au cinéma pendant la guerre, raconte le combat d'un fils, handicapé par une blessure qui le rend sujet au vertige, décide de suivre les traces paternelles en haute montagne, envers et contre tout.
    La Grande Crevasse (1948) et sa suite, Retour à la montagne (1957), tracent l'histoire d'une jeune fille noble s'affranchissant de l'existence qui lui était promise. Mais l'existence d'une femme de guide n'est pas faite que de cimes... Seul un exploit pourra réhabiliter celle qui est stigmatisée par la communauté montagnarde, et lui octroyer sa reconnaissance.

  • En 1965, après un magistral exploit au Cervin, le plus grand alpiniste de son époque met fin à une carrière inouïe. À 35 ans, Walter Bonatti abandonne la verticalité extrême pour se « jeter dans le monde à 360 degrés ». Il devient alors photo-reporter pour l'hebdomadaire Epoca et sillonne la planète.
    De l'Alaska au cap Horn, de la Sibérie à l'Afrique méridionale, du Sud-Est asiatique à la Nouvelle-Zélande, et jusqu'à l'Antarctique, il explore les contrées alors les plus reculées et les plus sauvages et en rapporte des récits palpitants, des images rares.
    Pour ce premier grand reportage, paru en 1966, Bonatti s'engage sur les traces de son auteur favori, Jack London, dans le Grand Nord américain : il emprunte la route des chercheurs d'or dans le Klondike puis pagaye pendant près de 2 500 kilomètres sur le fleuve Yukon.
    « L'aventure est un engagement de l'être tout entier et sait aller chercher dans les profondeurs ce qui est resté de meilleur et d'humain en nous. »
    Ses articles parus dans Epoca sont traduits ici pour la première fois en français.

  • Corse, Italie, Algérie, Tunisie, à bord du Bel-Ami, Guy de Maupassant veut échapper à cette vie mondaine parisienne qu'il n'a jamais vraiment aimée. La lumière et les eaux turquoise de la Méditerranée l'aident pour un temps à oublier ses ennuis de santé et à éprouver un sentiment de liberté. Il couche par écrit ses itinéraires, ses états d'âme (parfois bien noirs), ses réflexions, ses choses vues, le tout plus ou moins fidèlement, plus ou moins reconstitué, voire « fictionné ».

    Dans ses trois ultimes récits de voyages, Au soleil, Sur l'eau, La vie errante, tout Maupassant est à la manoeuvre. L'écrivain, journaliste en vue, y révèle ses aspirations, son goût profond pour les voyages, le dépaysement, sans oublier la modernité de ses jugements.

  • Septembre 1914. Un jeune journaliste, correspondant du Matin, est envoyé sur le front de Champagne. On vient d'apprendre que la cathédrale de Reims est sous la menace des canons allemands. Le débutant rapporte une série d'articles dont l'un commence ainsi "Ils ont bombardé Reims et nous avons vu cela."
    C'est tout simple, un reportage : des faits, et une plume.
    Cette plume, c'est celle d'Albert Londres qui sera pendant plus de vingt ans le voyageur sans bagage de la presse française, envoyé spécial sur tous les continents : sort des travailleurs africains au Congo, des prostituées de Buenos Aires, des Juifs de Palestine, ou des pêcheurs de perles du golfe Persique, rien de ce qui est humain ne lui paraît hors sujet.
    Un talent, une verve, un goût inentamé pour la vérité. Dans une profession où se sont illustrés Mac Orlan, Béraud, Kessel, il est devenu "le patron".
    Cet ouvrage présente les reportages hors de France d'Albert Londres : La Chine en folie (1922), Le Chemin de Buenos Aires (1927), Terre d'ébène (1929), Le Juif errant est arrivé (1930), Pêcheurs de perles (1931).

  • De ses origines millénaires à l'avènement des grandes ascensions sportives, l'histoire de l'alpinisme est, avant tout, celle d'une fascination. Depuis toujours les hommes ont été intrigués et effrayés par la montagne. À l'assaut des sommets, l'alpiniste cherche en lui l'ultime sursaut lui permettant de vaincre dans la difficulté, de surmonter le danger et de lutter contre les éléments et la nature.
    De la conquête du mont Blanc en 1786 à l'alpinisme moderne, cette nouvelle édition de l'Histoire de l'alpinisme magnifie ces exploits et ces actes héroïques. Rédigé par deux grands spécialistes et historiens de la montagne, Roger Frison-Roche, écrivain, explorateur, guide de haute-montagne, journaliste et réalisateur, et Sylvain Jouty, cet ouvrage s'impose comme un hymne à la montagne et un livre de référence pour les amoureux de l'alpinisme.

  • Alexandra David-Néel est considérée comme la plus grande exploratrice du XXe siècle. Après une adolescente fugueuse, elle déploya ses multiples talents de cantatrice, journaliste, féministe, orientaliste, franc-maçonne, écrivain, tout en choisissant le bouddhisme comme chemin spirituel, voie tout à fait inhabituelle à l'époque. Animée par une soif insatiable de voyages et de liberté, elle sillonna l'Europe et l'Afrique du Nord, puis la plupart des pays d'Asie. Elle y accomplit l'exploit qui la rendit célèbre : en 1924, après 2000 kilomètres de marche dans des conditions extrêmes, elle est la première Occidentale à entrer dans la capitale du Tibet, alors interdite aux étrangers. Complétée par des documents et des cartes inédits, cette biographie permet de comprendre la personnalité d'une femme exceptionnelle.

  • Dans l'archipel de Dahalak, au sud de la mer Rouge, territoire interdit aux non convertis à l'islam, arrive par mer calme une yole à la voile gracieusement tendue. Kassim est à son bord.
    Beau garçon, courageux jusqu'à en être féroce dans le combat, aussi pauvre que loyal, ce jeune pêcheur yéménite et contrebandier croise le regard d'Amina, fille du riche propriétaire des lieux. Dès lors, tout se dérègle... L'aventure s'emballe. Anko, le Soudanais, ivre de jalousie, ne rêve que de meurtre. Abdulfat, représentant de l'Émir, offre des colliers de nacre, lâche ses tueurs et supprime les témoins pendant que des pirates laissent des cadavres enterrés sous les sables. Quant à Kassim, s'il survit à ces intrigues, il devra faire ses preuves en plongeant dans le golfe Persique. Le prix de son amour se trouve là, parmi les requins, délicatement posé sur les fonds du récif maudit...

  • Dans la lignée d'Albert Londres ou Henri Béraud, Xavier de Hauteclocque est dans l'entre-deux-guerres un grand-reporter audacieux, auteur d'enquêtes dans le Grand Nord, sur la route de La Mecque ou aux confins de l'URSS. Ami de Kessel, parfaitement germanophone, il entame dans les années 1930, une série de reportages chocs dans une Allemagne en pleine crise. Cet ouvrage présente les trois enquêtes menées par Hauteclocque au coeur d'un pays gangrené par
    le nazisme. Ses textes sont tous d'une clairvoyance désespérée et d'un rare courage. Il multiplie les révélations sur les SA et les SS, les disparitions, les assassinats, les tortures, et sur la propagande du régime. Ses trois livres, À l'ombre de la croix gammée, La tragédie brune et Police politique hitlérienne,
    témoignages hors du commun, alertent l'opinion publique française et inquiètent le régime nazi, au point que les services spéciaux jurent sa perte.

  • « Je voudrais maintenant écrire un bouquin technique sur la mer, les bateaux, la vie de Robinson, mais en trois dimensions. »
    Tel était le souhait de Bernard Moitessier une fois achevée l'écriture de Tamata et l'Alliance en août 1993, en Polynésie.
    Ce « bouquin », c'est celui qu'il aurait aimé trouver lorsqu'il a embarqué pour la première fois : un recueil d'expériences pour aider le néophyte à surmonter les problèmes au moment de se lancer dans la grande aventure ; un carnet plein d'astuces qui regroupe tout le savoir-faire d'un prodigieux marin ; un manuel simple qui montre que la mer reste la mer malgré l'évolution galopante de la technologie.
    Cette nouvelle édition propose une version rénovée de cet ouvrage paru pour la première fois, un an après le décès de Bernard Moitessier, grâce aux soins de Véronique Lerebours Pigeonnière, sa dernière compagne.

  • En 1952, passionné de navigation et médecin à l'Institut océanographique de Monaco, Alain Bombard met au point une méthode révolutionnaire de survie en mer et décide à 28 ans d'en faire lui-même la démonstration.
    En solitaire, il traverse l'Atlantique sur L'Hérétique dans les pires conditions où risquent de se trouver les naufragés, vivant exclusivement des produits de la mer et démontrant qu'un homme, même démuni de toute ressource autre que celles de la nature, peut survivre sur un engin pneumatique. Cette expérience inédite apporta une solution décisive aux problèmes si discutés de la survie en mer.
    Alain Bombard fait revivre intensément la vie étrange et parfois tragique qu'il mena sur l'océan, à l'épreuve des bêtes, des orages, de la solitude et du désespoir. Son récit, enrichi d'extraits du journal de bord, constitue un témoignage unique sur la condition humaine, dont celle du naufragé est un cas extrême...

  • 1960. Une équipe de scientifiques, militaires et journalistes se lance dans la traversée du Ténéré, grande étendue encore inexplorée en plein coeur du Sahara. L'objectif principal de la mission est d'ouvrir une route d'approvisionnement du Tchad par le nord, exploit réalisé grâce aux avancées technologiques en matière d'orientation et de transport. Alors que Roger Frison-Roche appréhende la monotonie d'un voyage réglé au millimètre, massifs de montagnes et rochers inconnus se dévoilent peu à peu au fidèle chroniqueur de l'expédition, comblant les promesses de découvertes qui l'ont poussé à y participer. Mais plus que tout, la mission Ténéré se révèle d'une importance capitale pour l'histoire de l'humanité : les traces de présence humaine vieilles de plusieurs millénaires abondent, à la stupéfaction de tous. Comment imaginer que le Ténéré, cette plaine désertique redoutée des caravaniers, fut un jour une oasis fertile abritant les premières civilisations du monde ?
    Roger Frison-Roche signe la plus belle des aventures, celle de l'homme à la recherche de ses origines.

  • Les montagnes sont les cathédrales de la Terre. L'homme a tout oublié du passé : les siècles d'isolement et d'obscurité, le monde clos des vallées perdues, le climat rigoureux, l'absence de ressources. Il aura suffi d'une centaine d'années pour que la montagne, qui était hostile, lui apporte tout : l'énergie de ses eaux, les richesses du sous-sol, et cette nouvelle forme d'apport et d'économie que sont le tourisme d'été et d'hiver. Par la montagne, l'homme a pu quêter la beauté, trouver le repos de l'âme dans l'action physique salutaire, s'évader des termitières métropolitaines, comprendre la poésie du silence retrouvé.

  • Capitaine de frégate et auteur à succès en quête de spiritualité et d'exotisme, Pierre Loti a sillonné l'Inde, du sud au nord. Deux textes rendent compte de ses rencontres, impressions et expériences. Publié en 1887, Mahé des Indes est le récit d'une escale au large des côtes du Kérala, face à Mahé, alors l'un des cinq comptoirs français. En 1899-1900, Loti en "mission officielle" parcourt une grande partie de l'Inde. Suivant un itinéraire délirant, il explore d'abord l'Inde du Sud qu'il nomme "l'Inde des palmes, avant de mettre le cap plein nord vers le Rajasthan, "l'Inde affamée", et de poursuivre ensuite son périple vers Madras et Delhi. Dans L'Inde (sans les Anglais), Loti, rêveur paradoxal, va se perdre dans la moiteur tropicale de l'Inde du Sud, partir à la découverte des spiritualités brahmaniques, admirer les spectacles des bayadères, pour clore son périple auprès de vieux sages, sur le Gange, dans la ville sacrée de Bénarès, terme symbolique de cette odyssée.

  • Officier de marine, voyageur assoiffé d'exotisme, écrivain, voici sans doute ce qui vient à l'esprit lorsqu'on évoque Pierre Loti. Et pourtant. Cet ouvrage propose de découvrir une tout autre facette de l'académicien épris de mer et d'Orient, celle d'un témoin de son temps, qui a voulu vivre la Première Guerre mondiale au plus près.
    Admis à la retraite depuis 1910, il réclame en effet d'être mobilisé. Il obtient alors d'être nommé officier de liaison - un titre qui lui permet, sinon de combattre, d'approcher la ligne de front et de pouvoir rendre compte de ce qu'il voit. Quatre ans durant, ses missions évolueront, mais pas son énergie, ni sa détermination. Il noircit des centaines de pages, dont seront tirés trois ouvrages - La Hyène enragée (1916), Quelques aspects du vertige mondial (1917) et L'Horreur allemande (1918) -, augmentés de quelques textes. Ces articles méconnus regroupés dans Reportages de guerre témoignent de son ultime aventure, vécue sur le sol français.

  • Officier de marine, écrivain, poète et grand voyageur, Pierre Loti s'est inspiré de ses escales exotiques pour composer une oeuvre abondante et inspirée. Aujourd'hui, si quelques-uns de ses romans sont régulièrement réédités, le reste de son oeuvre reste à (re)découvrir. Auteur prestigieux et reconnu, Pierre Loti, créateur en rupture avec son héritage d'Occidental chrétien, a cherché grâce au voyage à découvrir d'autres continents, d'autres cultures, d'autres fois. Voyages au Moyen-Orient rassemble cinq livres : Le Désert, Jérusalem et La Galilée, parus en 1895, Vers Ispahan, en 1904, et La Mort de Philae, en 1909. Les trois premiers sont le fruit d'un long voyage privé de Loti en 1894, vers la Terre Sainte puis à travers le Proche et le Moyen-Orient. Le suivant constitue le récit de sa traversée de la Perse, effectuée en 1900. Le dernier, celui du long voyage de six mois, privé de nouveau, qu'il fit à travers l'Egypte, assorti d'une croisière sur le Nil, en 1907.

  • Il rêvait de devenir marin, mais il obéit à ses parents et devint médecin comme son père, le célèbre Jean-Martin Charcot. Alors, pour assouvir sa passion du grand large, Jean-Baptiste se fit scientifique explorateur et initia les premières grandes expéditions polaires en Antarctique et en Arctique. Le Français au pôle Sud et Le Pourquoi-pas? en Antarctique sont les récits de ses hivernages au pôle Sud de 1903-1905 et 1908-1910. Il s'agit alors des premières expéditions françaises, et tout est à faire. Le début d'une véritable épopée pour cartographier l'inconnu et commencer à percer les mystères de ces terres vierges et glacées.

    Réunis en un seul volume, ces deux textes forment un formidable récit d'aventures vécues et un témoignage vivant sur l'état de la pensée scientifique française à cette époque. Charcot, ce maître de la glace, du vent et des mers, entreprend ainsi une véritable épopée pour cartographier l'inconnu et commencer à percer les mystères de ces terres vierges et glacées. Il connut trente ans plus tard une mort à la mesure de sa vie, englouti en 1936 dans son navire, seul tombeau digne de sa passion pour la conquête des pôles.

  • Officier de marine, ami et admirateur de Pierre Loti, révélé en 1905 par un prix Goncourt, Claude Farrère est l'auteur d'une oeuvre féconde dont chaque ouvrage résonne comme une invitation romanesque au voyage.
    De ses escales en Chine, au Japon, en Indochine mais aussi en Turquie, Claude Farrère rapporte souvenirs enivrants, apologie de l'opium, récits exotiques mais aussi condamnation de la déchéance et du vice des colons occidentaux. Les Civilisés qui lui valut le prix Goncourt est une charge sans appel contre la politique coloniale de Jules Ferry ; Fumée d'opium un récit poétique à la gloire de la "bonne drogue" dont Farrère fit usage toute sa vie ; La Bataille évoque les deux versants de l'âme japonaise au début du XXe siècle, écartelée entre les principes ancestraux de l'honneur et les nécessités du progrès occidental, tandis que L'homme qui assassina et Nuit turque nous entraînent vers Istanbul, ville chérie entre toutes.
    En s'emparant de ses expériences voyageuses pour nourrir son oeuvre romanesque, Farrère prit résolument le "parti de l'ailleurs".

  • Voici l'histoire d'un véritable coup de foudre entre un homme, officier de marine et un pays, la Turquie, qui va durer toute une vie et, cet homme devenu écrivain, inspirer une part majeure de son oeuvre. Depuis son premier roman, Aziyadé, paru, anonyme, en 1879, jusqu'à Suprêmes Visions d'Orient : Fragments de journal intime 1910-1921, dernier livre publié de son vivant, en 1921. Entre 1876 et 1877, Loti découvre un pays, dont la culture, le mode de vie, les habitants, la religion vont le fasciner, le marquer. Il y effectuera pas moins de neuf voyages ou séjours - certains de quelques jours, d'autres de plusieurs mois, jusqu'en 1913. La Turquie deviendra pour lui sa "patrie turque".
    La Turquie a inspiré à Pierre Loti pas moins de cinq ouvrages de non fiction : Fantôme d'Orient (1892), "suite et fin" d'Aziyadé ; Constantinople en 1890 (1892). Trois recueils "de combat" consacrés par Loti à la cause turque, rassemblant des articles publiés dans la presse, des documents et des témoignages : Turquie agonisante (1913), La Mort de notre chère France en Orient (1920) et Suprêmes Visions d'Orient (1921).

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