Actualité

  • Katiba

    Jean-Christophe Rufin

    Quatre touristes occidentaux sont assassinés dans le Sahara. L'attaque est signée al-Qaida au Maghreb islamique, une organisation terroriste implantée dans les anciennes zones d'influence française d'Afrique de l'Ouest. Tout laisse à penser qu'elle veut aller beaucoup plus loin et rêve de frapper la France au coeur.
    L'événement est présenté par les médias comme un fait divers tragique mais il met en alerte les services de renseignements, de Washington aux Émirats, d'Alger à Paris. Au centre de leurs jeux complexes, Jasmine. Jeune fonctionnaire du Quai d'Orsay apparemment sans histoire, elle émerge peu à peu comme la pièce maîtresse d'une opération d'envergure inédite.
    Quels liens cette Française à l'élégance stricte entretient-elle avec le monde musulman ? Quelle secrète influence pèse sur elle depuis la disparition de son mari, consul de France en Mauritanie ? C'est en démêlant les fils les plus intimes de sa vie que la vérité se fera jour et que le suspense, haletant, trouvera son dénouement.
    Complice, victime ou agent double, Jasmine incarne le mélange de répulsion et de fascination que le fondamentalisme religieux exerce inconsciemment sur chacun de nous.

  • Désireuse de saisir au plus près la réalité sociale de la crise, Florence Aubenas s'est immergée pendant six mois dans le quotidien d'une travailleuse précaire.
    Sans autre qualification que le baccalauréat sur son CV, elle s'inscrit au Pôle Emploi de Caen. Son objectif : décrocher un CDI. Elle devient alors "agent de nettoyage" et enchaîne les heures par-ci par-là. Dans son livre, elle témoigne de la misère ordinaire de la France d'en bas. Un document exceptionnel qui a dévoilé le vrai visage de la crise.

  • Ce livre rompt le silence auquel je me suis astreint pendant plus de deux ans ; deux ans pendant lesquels mon nom a été traîné dans la boue par de trop nombreux journalistes, banquiers, hommes politiques ou avocats.
    Aujourd'hui j'estime qu'il est temps d'établir la vérité.
    À l'approche d'un procès décisif pour mon avenir, mais aussi pour le système bancaire, j'évoque tels que je les ai vécus les événements qui ont conduit à ma chute.
    Je refais le chemin qui transforma le simple employé que j'étais en trader.
    Je raconte dans le détail l'incroyable année 2007 où je fis gagner un milliard et demi à la Société Générale avant que la situation ne se retourne dès les premiers jours de 2008.
    Je décris de l'intérieur la réalité des salles de marchés et du monde des traders, et le cynisme d'un système qui tire profit de ceux qui travaillent pour lui, quitte à les lâcher en cas de défaillance.
    Lorsque je pénétrai dans la célèbre tour de La Défense en août 2000, je ne me doutais pas que, loin de passer la porte du paradis, j'entrai en enfer. Comme je ne me doutais pas qu'en franchissant le seuil du cabinet des juges d'instruction, la vérité n'éclaterait pas.
    Je souhaite que ce livre interpelle l'opinion publique sur la réalité des pratiques bancaires. Qu'elle y découvre le témoignage d'un homme qui reconnaît ses fautes mais refuse de payer pour un système financier devenu fou.

  • En 1989, l'ingénieur Joshua Hopper retrouve à New York un ancien ouvrier mexicain, seul témoin d'un chantier ferroviaire qui a englouti dans les années 1950 des sommes considérables, mobilisé des milliers d'hommes... mais qui n'a pas laissé la moindre trace.
    Le récit de Grís Bandejo entraîne Josh à Minas Blancas, une petite ville au sud de la frontière entre les États-Unis et le Mexique. Là, au seuil du désert, l'ingénieur français Georges Bernache et sa femme Florence, une Américaine, ont dirigé les opérations sans qu'un pouce de rail soit posé. Pourtant les ouvriers n'ont cessé d'affluer : pendant des années, ils ont creusé sous terre un tunnel destiné à les conduire aux États-Unis.
    Joshua découvre peu à peu la vie de ces deux expatriés, isolés avec leurs enfants au milieu d'une foule mexicaine qui les fascine et les inquiète. Entre les murs du jardin des Bernache, miracle de verdure dans ce paysage pierreux, leur fille Suzanne et leurs jumeaux grandissent avec bonheur sous le regard de l'aîné, Niño, enfant adopté aux airs de dieu aztèque. Mais bien qu'ils soient complices de l'entreprise des clandestins, Georges et Florence savent aussi qu'elle risque à tout moment de les détruire.
    Dans ce roman sensible et puissant, l'histoire d'une famille se mêle à l'épopée des migrations modernes.
    Cloé Korman est née en 1983. Les Hommes-couleurs est son premier roman.

  • «Je suis la femme de Daniel Leroy et la maîtresse d'un secrétaire d'État macoute. C'est vrai je suis lâche, j'aurais pu me battre, refuser, crier au scandale. Mais j'aurais été seule, tout à fait seule. Seule face à la peur. J'aurais pu disparaître, me faire torturer et violer, comme il y a quelques années, au tout début de la dictature, cette journaliste, mère de cinq enfants. Maintenant la peur couche dans mon lit, je la baise, lui donne du plaisir, je profite de ses largesses. En me soumettant au secrétaire d'État je garde Daniel en vie. Pour le reste, pour demain, je ne sais rien.» Port-au-Prince, années 1960 : Duvalier et ses tontons macoutes éliminent systématiquement les opposants au régime. Daniel Leroy, rédacteur en chef du principal journal d'opposition, vient d'être enlevé. Pour obtenir de ses nouvelles, son épouse Nirvah se rend chez le secrétaire d'État à la Sécurité publique, Raoul Vincent. Le redoutable chef de la police est subjugué : pour assurer la survie de son époux et protéger sa famille, Nirvah se soumet au désir du fonctionnaire. Devenir la maîtresse officielle d'un homme fort du régime n'a pas que des désagréments. Encore faut-il supporter le regard inquisiteur des voisins et les questions muettes de ses propres enfants... Kettly Mars décrit une période charnière et douloureuse de l'histoire d'Haïti et tisse ensemble deux histoires : l'intime - le destin de Nirvah et de sa famille -, et l'universelle - le régime politique dictatorial de Duvalier et ses exactions.

  • En 2004, dans son roman Suite à l'hôtel Crystal, Olivier Rolin mettait en scène son suicide dans une chambre d'hôtel de Bakou. Six ans plus tard, et malgré les mises en garde de ses amis, il décide de se rendre dans la capitale azérie pour affronter ce destin imaginaire. Il y découvre une ville pleine d'histoires et de contradictions, où derricks, minarets et faux palais vénitiens voisinent paisiblement aux abords de la mer Caspienne. Notes de voyages, souvenirs et réflexion littéraire se mêlent dans ce texte atypique, journal d'un séjour qui aurait dû être le dernier.

  • Après un terrible accident de voiture, un homme rentre chez lui. Ayant échappé de peu à la mort (sa femme, elle, a disparu dans l'accident), il lui faut maintenant tout réapprendre. Sa fille, jour après jour, l'accompagne, et tente de tenir la main de cet homme intraitable.
    Inquiète ou joueuse, sa voix décrit les quatre saisons de ce retour à la vie. Elle raconte son histoire, celle d'un Français, juif laïque et républicain, né à la fin des années 20, amoureux des paysages de son enfance qu'il ne concevait pas de défendre autrement que les armes à la main. La guerre, la politique, le travail, les femmes, il a tout vécu sans jamais s'expliquer. Et il n'a pas l'intention de commencer.
    Lumineux, cocasse, bouleversant, ce livre est tout entier du côté de la vie. L'écriture engage avec la mort une course de vitesse, et rien ne dit qu'elle n'en sortira pas gagnante. Chacune – et chacun – y reconnaîtra l'essence même de ces liens si précieux qui se tissent entre les pères et les filles.

  • «On vous dit : la Croatie, bien sûr les archipels de rêve, les crépuscules enchanteurs, bien sûr les murailles de Dubrovnik, l'air qui tremble sur les plages blanches, les îles en suspens dans l'eau turquoise... Pourtant ce n'est pas vers ce pays que je suis allé. Je voulais flâner dans des campagnes grises méconnues des touristes, me perdre dans des banlieues, me laisser surprendre au virage, connaître un peu l'envers de ce pays qui depuis trois millénaires conjugue les bonheurs de la géographie avec les malheurs de l'histoire.
    Et puis surtout rencontrer des personnes vivantes, les regarder bouger et vivre, observer leurs façons de sourire ou de se taire, revoir aussi quelques amis croates connus lors de mes voyages en Bosnie. Ce sont leurs voix, recueillies au fil de la promenade, sarcastiques ou mélancoliques, pleines d'un amour fatigué pour cette terre, que je veux faire entendre.» Jean-Marie Laclavetine.

  • «En 2007, nous avions fait paraître aux Éditions Gallimard un ouvrage collectif intitulé Pour une littérature-monde, où nous rappelions que la littérature n'était pas compressible à l'intérieur de frontières. Ce livre, par son écho, a contribué à faire évoluer notre perception d'une littérature de langue française outrepassant les limites de l'Hexagone.
    Le débat continue, sous des déguisements parfois inattendus. En cette année où l'on veut célébrer le cinquantième anniversaire des indépendances africaines, voilà que le débat, en France, se replie frileusement sur les contours d'une "indentité nationale".
    Chaque être est un millefeuille, autrement dit un livre composite, qui ne peut se réduire à cette fiction identitaire nationale. "Je est un autre", lançait il y a longtemps un poète fameux. Et cela est encore plus vrai aujourd'hui, en une époque de fantastiques télescopages culturels, tandis que naît un monde nouveau où chacun, au carrefour d'identités multiples, se trouve mis en demeure d'inventer pour lui-même une "identité-monde". Les romanciers qui ont appris à composer avec toutes ces voix de l'intérieur, discordantes, foisonnantes, paralysantes, entraînantes, qui se moquent des langues et des frontières, ont évidemment leur mot - poétique - à dire.»
    Michel Le Bris et Jean Rouaud.

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